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Dmitry Novikov, vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) a donné une longue interview à IC, le blog du Prcf. On s'y reportera: https://initiative-communiste.fr/
Bien des choses sont dites mais ce qui est frappant c'est l'alignement du PCFR sur Poutine.
Certes Novikov condamne le capitalisme et se prononce pour le socialisme mais les choix stratégiques de Poutine sont validés. Le narratif poutinien aussi. L'analyse est globalement reprise.
Quant au reste, le discours est la reprise de tous les mantras habituels du soviétisme.
Ainsi "la trahison de Gorbatchev, qui avait pris la tête du PCUS et de l’URSS".
Comment un traître devient-il chef du Parti et de l'Etat ne semble pas poser de problème au PCFR. Comment le Parti ne le démasque pas? La vision policière de l'histoire, qui caractérisait l'histoire de PCUS depuis les "Procès de Moscou", semble toujours dominer le PCFR.
"La bourgeoisie mondiale est parvenue à provoquer l’effondrement de l’Union soviétique et à renverser les gouvernements socialistes d’Europe de l’Est"
Là encore c'est l'ennemi de classe qui a provoqué la fin de l'URSS et du bloc socialiste. Le comment n'est même pas ébauché. C'est un diabolus ex-machina qui est à l'oeuvre permettant de résoudre des problématiques insolubles et surtout de mettre sous le tapis les contradictions internes du soviétisme qui furent à l'oeuvre dans son effondrement.
Et on n'échappe pas non plus à la grande illusion: "la Chine socialiste".
Niant une histoire pourtant archi-connue (réformes de Deng Xiaoping et de ses successeurs), des résultats sociaux et économiques évidents (la restauration du capitalisme), cédant à la pensée magique des orphelins du MCI qui veulent faire renaître ce qui est mort, Le PCFR nous ressort la fable d'une Chine socialiste.
Parfois les relents du vieilleries qu'on pourrait croire réservées à d'autres cercles des poutiniens(son extrême-droite) réapparaissent: "les manuels d’histoire russes étaient rédigés grâce à des subventions de Soros."
Parfois aussi le PCFR est dans la surenchère patriotique et guerrière: "Avec un gouvernement populaire à la tête du pays, nous n’aurions pas combattu à moitié. Toute l’économie aurait œuvré pour la victoire".
Il est terrible de constater combien, lorsqu'on s'aligne sur le pouvoir capitaliste, la gangrène social-chauvine et belliciste s'empare du corps politique d'un parti de gauche. Pas un mot pour l'arrêt du carnage et pour la paix. Bien sûr les exemples des partis de la Deuxième Internationale revient en mémoire.
Bref le PCFR est devenu une aile, une fraction du poutinisme et rien dans son positionnement ne permet de le considérer comme un parti progressiste. Cela n'empêche sûrement pas certains de ses militants d'être de sincères adhérents aux idéaux d'émancipation, même marqués par une histoire très particulière pour le pire mais aussi le meilleurs.
AM
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