
Les colons attaquent
Les violences des colons israéliens contre les Palestiniens et leurs habitations en Cisjordanie occupée ont "dépassé le point de rupture", a dénoncé jeudi le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, appelant les autorités israéliennes à "expulser immédiatement" les colons qui déplacent de force des Palestiniens, s’emparent de leurs terres et étendent les colonies.
En fait ce que l'on constate c'est que l'armée israélienne est complice des colons. C'est que le gouvernement d'Israël est complice des colons. C'est qu'Israël est un Etat colonial.
Les familles palestiniennes agressées par les colons ont demandé l’intervention des forces de sécurité israéliennes, sans succès. Or selon l'ONU, celles-ci ont empêché des secouristes et des journalistes d’accéder aux habitations palestiniennes attaquées.
Pour l’ONU, ces actes criminels, commis par les colons avec le soutien des autorités israéliennes, visent clairement à rendre la vie impossible à ces familles et à les contraindre à quitter leurs terres.
La situation en Cisjordanie continue de se détériorer. Mardi, devant le Conseil de sécurité, le Coordinateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient a estimé que le territoire était "au bord de l’effondrement"
Depuis le début de l’année, 76 Palestiniens, dont 18 enfants, ont été tués par les forces de sécurité israéliennes ou des colons, selon l’ONU. Quelque 3.800 Palestiniens, dont près de la moitié sont des enfants, ont également été déplacés en raison des violences des colons, des démolitions et des expulsions.
L’ONU a recensé plus de 1.430 incidents liés aux violences de colons en 2026, affectant quelque 260 communautés palestiniennes.
"La tendance est claire" a avertit l'ONU "les Palestiniens sont déplacés de force à travers la Cisjordanie avant que les colons ne s’emparent des terres ainsi libérées".
L'ONU s’est aussi alarmé de la multiplication des témoignages de Palestiniens de retour à Gaza faisant état de violences, de menaces, de traitements dégradants et de fouilles intrusives par des soldats israéliens
Entre le 7 juillet et le 4 août, des centaines de personnes ont décrit des trajets longs et éprouvants, ainsi que la confiscation de médicaments, de documents d’identité, de certificats scolaires, d’argent et d’autres effets personnels. En juillet, sur 92 personnes revenues en une journée, 54 ont déclaré que tout ou partie de leurs biens avaient été confisqués.
L’ONU rapporte également des cas de violences physiques et de fouilles corporelles intrusives. Les enfants sont particulièrement vulnérables : une fillette de quatre ans est notamment arrivée seule à Gaza après que son père eut été empêché d’y retourner.
"Ces violations [...] font partie d’un schéma plus large de violations et de déshumanisation" a déclaré le chef du bureau des droits de l’homme de l’ONU dans le Territoire palestinien occupé, dénonçant "une situation tout simplement abjecte".
Au moins 355 enfants palestiniens de Cisjordanie sont par ailleurs actuellement détenus par Israël, soit le nombre le plus élevé depuis huit ans ; 164 le sont en détention administrative, sans inculpation ni procès.
L'ONU poursuit: "La préoccupation ne tient pas seulement à la poursuite de l’expansion des colonies, mais à la rapidité et au caractère systématique avec lesquels de nouveaux faits sont créés sur le terrain"
La politique israélienne vise à couper en deux la Cisjordanie. Israël condamne plus encore la perspective politique d’une solution à deux Etats qui est totalement irréaliste si l'on intègre dans l'analyse de la situation le caractère colonial d'Israël. Rappelons nous que les forces de la Résistance nationale palestinienne de gauche, marxistes et laïcs palestiniennes prônent depuis toujours un Etat binational.
Le Parti communiste a été fondé en 1919 par des immigrés juifs, qui avaient quitté le mouvement sioniste pour créer le Parti ouvrier socialiste hébreu. Celui-ci prit, en 1922, l’appellation yiddish de Palestinishe Kommunistishe Partei. Durant toute son existence, le Parti communiste palestinien, a récusé le sionisme, qu’il considérait comme un mouvement colonialiste illégitime. Les communistes ne pensaient pas que les Juifs du monde entier constituaient une nation spécifique, et ne croyaient pas qu’après deux mille ans ils puissent revendiquer des droits historiques en Palestine. Ils rejetaient la déclaration Balfour, qualifiée d’acte impérialiste à l’état pur, appelaient à l’expulsion des Britanniques et à la création d’un État démocratique à majorité arabe, où les Juifs, y compris ceux arrivés après 1918, seraient des citoyens à égalité de droits.
Les gauches marxistes palestiniennes et même israéliennes poursuivent encore ce combat.
Mais à la fin des années soixante-dix, on assista à la mort de la gauche organisée comme force viable dans les sociétés arabes. Et évidemment plus encore en Israël. Chez les Palestiniens seuls persiste un mouvement de gauche important lié à la Résistance nationale palestinienne (FPLP, FDLP,PPP*, une fraction du Fatah symbolisé par Marwan Barghouti ...).
L'attitude du Hamas, félicité par les Etats-Unis pour son engagement en faveur d’un plan concret pour son désarmement et son acceptation des solutions du "Conseil de la paix" de Donald Trump, pourrait montrer aux masses palestiniennes les limites du "radicalisme" des droites islamistes et redonner un élan nouveau aux forces de gauche palestiniennes.
Quoi qu'il en soit notre solidarité à l'égard du peuple palestinien est totale aujourd'hui comme hier et comme demain.
Palestine vivra ! Palestine vaincra !
Free Palestine !
AM
* Le PPP (Parti du peuple palestinien) ex-PCP récuse le léninisme. Il se définit comme un mouvement luttant pour l’indépendance, la démocratie, le progrès, la justice sociale et pour un socialisme "conforme aux spécificités des réalités palestiniennes" Au plan de l’organisation, le nouveau PPP rejette le centralisme démocratique et revendique des mécanismes de participation à la prise de décision "fondés sur les masses"
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