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François Bayrou exprime la grande trouille d'une fraction de la bourgeoisie. Celle qui n'a pas encore décidé de soutenir le néofascisme c'est-à-dire le RN et sa candidate Marine Le Pen.
Bayrou n'est pas d'une clarté absolue sur l'antifascisme. On se souvient des gestes qu'il a eu à l'égard du RN et qui lui ont valu "le respect " de Marine Le Pen et des sursis à la censure lorsqu'il dirigeait de gouvernement.
Cependant le temps a passé et désormais l'horizon est évidemment l'élection présidentielle.
Pour Bayrou c'est simple "Jamais le RN, jamais LFI ". "Le risque maximum, c'est un deuxième tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche" explique-t-il. "Entre les deux extrêmes, mortels pour la nation, il y a "un fleuve démocratique central". Ah bon...Où ça? Retailleau, Cazeneuve, Attal, Glucksmann, Wauquiez, Ciotti....Drôle de gueule le fleuve...
Un duel RN-LFI au second tour de l'élection présidentielle de 2027 est un "risque mortel pour le pays, le face-à-face des pires"
Le président du MoDem accuse les deux "extrêmes" de porter une même logique de division. "Je ne sais pas si vous mesurez ce que proposent les deux extrêmes. C’est très simple, c’est une division du pays, l’affrontement d’une partie contre l’autre partie, la mise en accusation, la recherche de boucs émissaires". François Bayrou vise d’un côté le Rassemblement national, qu’il accuse "de cibler les immigrés", et de l’autre La France insoumise, qu’il accuse de désigner "les riches" comme responsables.
Cette "catastrophe" peut être évitée. Il faut pour cela organiser une primaire allant du parti socialiste aux LR.
Bayrou a bien une idée pour "sortir de ce piège, de cette impasse": Thierry Breton, l'ancien commissaire européen dont il a loué les atouts. il cite aussi Jean-Louis Borloo, Xavier Bertrand. On en rêve...
Bayrou comprend il la situation de son pays? On peut en douter. D'ailleurs sa rude défaite dans sa bonne ville de Pau aux municipales est un signe de se déconnexion.
Bayrou nous propose finalement un nouveau Macron. Avec le même discours, le même positionnement. Mais il a 10 ans de retard. Les gens ont pu voir ce qu'il en est de ces politiques qui se disent "et de droite, et de gauche" et qui finalement sont uniquement de droite. Ce qui veut dire au service exclusif du grand capital.
Macron n'a pas échoué. Il a appliqué la politique pour laquelle il était mandaté par le patronat.
L'inconvénient de ce genre de politique c'est que ceux qui la subissent n'en peuvent plus. La majorité écrasante du peuple est contre Macron et sa politique. Il suffit de regarder les résultats des élections. Globalement 80% des gens sont contre la Macronie, 20% pour.
Le problème est que ces 80% sont divisés. Le néofascisme capte une partie des mécontents sur la base du "pacte raciste". La gauche de rupture les autres.
Il n'est donc pas étonnant que les deux "extrêmes" se retrouvent en finale.
Sauf que ce discours sur les "extrêmes" est mystificateur. Ce ne sont pas des extrêmes qui s'affrontent. C'est d'un côté le groupe de choc au service des riches, le RN, de l'autre la gauche qui défend les intérêts des travailleurs et du peuple.
La division dont parle Bayrou n'est pas le fait des partis qui s'affrontent, la division est le produit de la société capitaliste entre ceux qui ont la capital et ceux qui n'ont que leur travail. Bref la division c'est la lutte des classes.
A notre connaissance Bayrou n'a jamais récusé le capitalisme, il semble seulement dénoncer un de ses effets à savoir l'affrontement entre la capital et le travail baptisé "division". Et cela seulement lorsque à ses yeux effrayés la gauche de gauche peut vaincre.
Parions, par charité, que la victoire du RN ne lui serait pas franchement agréable. Mais soyons sûrs que c'est surtout la victoire de la France Insoumise qui panique ce fondé de pouvoir de la bourgeoisie.
Et rappelons à Bayrou que si le néofascisme a la force que l'on sait, nous le devons aussi à 10 ans de régime macroniste. Un projet et un régime qu'il a soutenu depuis avant même l'élection de Macron. D'autant que la Macronie et les LR n'ont fait que légitimer toutes les saloperies racistes du RN.
Et qu'un certain François Bayrou a même parlé de "submersion migratoire" ce qui est factuellement faux, mensonger et dégueulasse. La "division" que n'aime pas Bayrou est pourtant bien alimentée dans sa version raciste par ce genre de propos.
Bayrou fait parti de ces "Irresponsables" si bien décrit par l'historien Johann Chapoutot qui, comme le Zentrum démocrate-chrétien allemand avant 1933, ont servi de marchepied à la peste brune hitlérienne.
Les vrais extrémistes, les vrais radicalisés ce sont ces irresponsables. Que Bayrou s'affole aujourd'hui devant son oeuvre n'est pas une excuse d'autant qu'il ose assimiler la gauche antifasciste et anti-raciste, la France Insoumise, à son contraire.
Bayrou fait exactement ce que faisait la droite en 1936 quand le Front populaire barrait la route au fascisme. Elle accusait Blum d'être la marionnette de Staline, le Front populaire d'être un ramassis d'extrémistes judéo-bolchevicks.
Décidemment ces gens n'apprennent rien.
AM
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