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      Logo du Rassemblement National Populaire* de Marcel Déat (1941-1944)

                                                Le nom et la flamme...

 

 

 

 

Le 10 juillet 1940 la Chambre des députés et le Sénat votaient une loi constitutionnelle confiant les pleins pouvoirs au gouvernement sous l'autorité et la signature du maréchal Pétain à effet de promulguer une nouvelle Constitution de l'État français devant garantir les droits du travail, de la famille et de la Patrie.

Pierre Laval et Philippe Pétain ont manœuvré pour obtenir une majorité sur cette base. Seuls 80 (12%) députés et sénateurs voteront contre cette mise à mort de la République. Contre 569 voix (85 %) qui votent pour.

Toute la droite et l'extrême-droite votent la mort de la République

Les communistes étaient absents ou en prison du fait de l'interdiction du PCF en 1939 sous prétexte du pacte de non-agression germano-soviétique

36 parlementaires socialistes SFIO votent contre Pétain, mais 90 parlementaires de la même SFIO votent pour le même Pétain

La majorité des Radicaux (65 contre 13) sombrent et votent pour Pétain

Pétain était depuis, au moins 1936, mis en avant comme sauveur du pays par les droites. "C'est Pétain qu'il nous faut!" et bien d'autres slogans, livres, pamphlets, campagnes de presse... préparent l'opinion. Pétain est le produit d’une campagne menée par les fascistes et le patronat qui "préférait Hitler au Front populaire", comme aujourd'hui ils préfèrent Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, le néofascisme à l'Insoumission.

La rupture du Front populaire par les radicaux et les socialistes qui refusent de défendre la République-sœur d'Espagne avec la non-intervention, la passivité du gouvernement français devant l'aide massive de Mussolini et Hitler à Franco, puis les Accords de Munich qui livrent la Tchécoslovaquie à l'Allemagne (et à la Pologne), enfin la remise en cause des conquêtes sociales des grèves de 1936 tout cela prépare Pétain et le fascisme.

Gustave Hervé écrit en 1936: "Nous l’avons, le nom illustre et prestigieux et populaire ; nous l’avons, l’homme providentiel que la France trouve toujours en ses heures d’extrême péril. Qui ? Pétain, le grand soldat de Verdun, le plus illustre des survivants de la Grande guerre, puisque Clémenceau, Joffre et Foch nous ont quitté".

Gustave Hervé quitta son positionnement socialiste, antimilitariste et pacifiste pour, en 1914 rejoindre le patriotisme. Il change le nom de son journal La guerre sociale pour s'appeler La Victoire. Et en 1919 il adhère au fascisme mussolinien.

 

C'est toujours, toujours la combinaison de "l'union des droites" (droites et fascistes) sous la houlette du capital, avec le racisme (antisémitisme ou/et islamophobie) comme liant, que se construit le fascisme, historique ou le néofascisme contemporain.

Le capital a deux raisons fondamentales pour faire le choix du fascisme: sa crise et/ou sa trouille. La grande peur des rouges, de la révolution sociale et ses propres contradictions qui le contraignent à des politiques sociales régressives qui exigent un pouvoir autoritaire et violent. Sans le consentement des masses, il ne reste que la coercition.

Le 10 juillet 1940, profitant de "l'heureuse surprise" de la victoire allemande, le fascisme français instaurait sa dictature.

 

 

 

AM

 

 

* RNP parti nazi et collaborationniste français fondé par Marcel Déat

 

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