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                                           Staline au XIXe congrès du PCUS

 

 

 

Ainsi les jdanoviens expliquent que le XIXe congrès du Parti communiste d'Union Soviétique datant de 1952 répond à nos préoccupations contemporaines (https://www.initiative-communiste.fr/.)

Sous couvert l'analyse du document historique, les jdanoviens cognent sur leur rival l'URC ( Union pour la Reconstruction Communiste) qui a une petite brise en poupe. Cela pour deux raisons:

- l'URC a une position ouverte et dynamique concernant l'antiracisme, les classes populaires racisées et l'anticolonialisme.

- L'URC a une position constructive vis à vis de la France Insoumise, comprenant que celle-ci est la seule force de masse antifasciste, de rupture avec le néolibéralisme et internationaliste.

L'URC est à nos yeux un groupuscule dont l'objectif de reconstruire le Parti communiste nous parait caduc. Et qui ferait mieux de mettre son potentiel dans la construction d'une gauche de gauche autour de la FI. Contribuant ainsi aux différents courants de gauche qui contribuent à élargir le socle de la la FI.

Les jdanoviens ne supportent pas cette concurrence.

Comme l'une des composantes de l'URC se réclame (vaguement) de Staline, le PRCF dépoussière le XIXe congrès du PCUS, le dernier du vivant de Staline, pour y puiser des arguments contre le frère ennemi.

En fait le prétexte historique lui permet de rabâcher sa ligne: campiste, nationaliste, catastrophiste et antédiluvienne. 

Campiste car les impérialismes russe ou chinois sont vus comme les ennemis de mes ennemis (les Etats-Unis et l'OTAN-UE) et donc ils doivent être soutenus. Ce n'est pas dit aussi directement mais c'est le sens.

Nationaliste car si, selon nous, la question nationale ne doit pas être négligée, elle ne doit pas devenir le centre, le coeur de la stratégie de la gauche. Le capitalisme au XXIe siècle a bouleversé les frontières et les nations. L'obsession du Frexit comme étape incontournable d'une politique de progrès tourne le dos à la dialectique. Il est bien possible que l'UE puisse ou même doive être dépassée mais cela c'est les masses qui le décideront et le mettrons ou pas à l'ordre du jour. La PRCF devrait arrêter de pleurer contre un dépassement de la nation telle qu'elle fut construite par et pour la bourgeoisie. Comme d'autres pourraient comprendre que la fait national est une réalité en mouvement, en transformation qui peut être aussi utile contre la bourgeoisie si on est capable de montrer que la nation et la révolution se confondent. Si on est capable de comprendre, par exemple, que l'aspiration nationale du peuple corse n'est pas une horreur, contrairement à ce que dit le PRCF resté cloué à Malet-Isaac. Idem sur le drapeau tricolore. Ne peut-on pas comprendre que dans la France nouvelle certains ne veuillent pas le brandir (symbole colonialiste) et d'autres le brandissent (symbole révolutionnaire)? Pourtant élémentaire mon cher Watson...

Catastrophiste car chaque intervention des jdanoviens consiste à nous annoncer la Troisième Guerre mondiale (avec illustration champignonnesque), le "conflit de haute intensité" et la fin de l'humanité. "L'exterminisme" est leur grande découverte conceptuelle. "Le 'rassurisme' n’est pas de saison" nous expliquent-ils. La trouille non plus camarades. Non, l'humanité peut résoudre ses problèmes. Partout les questions environnementales deviennent centrales dans la préoccupation des gens. Et les partis de gauche expliquent le lien entre destruction écologique et capitalisme. Des gauches dans leurs diversités, que voulez-vous, le monde n'est pas une caserne. Il est vrai que le sens des nuances échappe un tantinet à nos jdanoviens qui dénoncent "les grands bourgeois qui dirigent directement ou indirectement le Brésil, l’Inde, l’Indonésie ou la Russie eux aussi, des suppôts de l’exploitation capitaliste": on appréciera "suppôts du capitalisme" et surtout la finesse de l'analyse qui amalgame Lula et Poutine...

Antédiluvienne. Les mots, le style, les références, tout fleure bon ses années 1950. Le "cosmopolitisme" est dénoncé, Thorez et Duclos marchent en avant, même Gambetta est de la partie, construisant "la nation française"...Et, plus ridicule mais ambiguë idéologiquement, on nous annonce "la liquidation de la France"...Et puis surtout il n'y a rien, c'est un trou noir politique, "words, words, words" comme disait Shakespeare. Et, on oubliait, comme tous les 6 mois depuis 2004, les jdanoviens veulent "porter dans les masses populaires et dans les syndicats l’idée d’une grande manif nationale unitaire"...

 

Avouons-le, on est partagé entre franche rigolade et un peu de tristesse. 

 

 

Antoine Manessis

 

 

 

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