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"Refusant une union sans cohérence de fond, réduite à des accords électoraux circonstanciels" avec la France Insoumise, comme ce fut le cas pour  le Nouveau Front populaire, "Nous appelons au dépassement et à la fondation rapide d’une nouvelle plateforme commune, co-élaborée avec Place Publique de Raphaël Glucksmann." L'aile droite du PS veut mettre en place une union de la gauche sans la gauche. Sans la composante de la gauche (la FI) que les électeurs ont placé en tête des gauches.

Cette citation est tirée du texte signé par toute l'aile bourgeoise et de droite du PS rassemblée derrière Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, qui appelle à un "nouveau rassemblement de la gauche". Signé, entre autres, par la présidente de la région Occitanie Carole Delga, le patron des sénateurs socialistes Patrick Kanner, la maire de Paris Anne Hidalgo ou encore l’édile de Montpellier Michaël Delafosse...bref tout les débris du hollandisme et de la gauche de droite.

Pour le maire du Rouen et ses soutiens, Olivier Faure a commis l’erreur de s'allier avec la France insoumise. Ce qui a conduit, selon eux, à l’effacement du PS. Ce qui ne manque pas d'humour. C'est en  effet grâce à cette alliance que le PS a un groupe à l'Assemblée nationale.

Ils estiment que la gauche aussi est affaiblie, elle est à moins de 30 % et qu'elle est "empoisonnée par le populisme et le communautarisme". Le fait que la France soit en Europe l'un des très rares pays où existe une gauche forte et que cela soit dû à Jean-Luc Mélenchon et à la FI ne semble pas imprimer au sein de la droite socialiste.

L'actuel chef du PS Olivier Faure, candidat à sa propre succession, semble partager bien des points de vue avec sa droite: "Il faudrait être fou, aujourd’hui, pour penser que de François Ruffin à Raphaël Glucksmann, il y a des gens qui sont en trop. Moi je considère au contraire qu’il faut fédérer l’ensemble et, à un moment, produire une offre programmatique et une incarnation pour la porter" se disant favorable à une primaire à gauche. Ce qui souligne la faiblesse politique des socialistes qui ne semblent avoir retenu aucune leçon des primaires qui ont eu lieu dans le passé.

Ces gens-là baignant dans un sionisme indécrottable, ce qui est cohérent avec leur passé colonialiste, estiment que "depuis le 7 octobre notamment, une partie (la FI) s’est éloignée de nos valeurs et agit comme une force répulsive de fracturation". Une fois encore on ne peut que constater leur éloignement des valeurs internationalistes malgré le rejet profond dont ils sont l'objet par les classes populaires.

Ils organisent nous dit Le Monde des réunions secrètes avec les Ecologistes, des ex-FI, le PCF rousselisé et la droite glucksmannienne. Ils estiment que "l’urgence, c’est de créer un espace politique". Un espace politique pour la social-démocratie droitière? Mais faut-il rappeler à ces stratèges de sous-préfecture que cet espace politique n'existe plus, que François Hollande n'a même pas été foutu de se représenter pour un 2e mandat et que le résultat d'Anne Hidalgo fut le plus mauvais de toute l'histoire du PS? 

Il n'y a pas de perspective pour la gauche sans son aile de gauche. 

* La gauche de rupture, la France Insoumise a sauvé la gauche en France, gauche annihilée dans bien des pays.

* La gauche de rupture a su tenir tête à un déferlement de haine (de classe) venant de tous les côtés. Droite macroniste, droite, RN et même une partie du PS et du PCF qui ne supportaient pas le nouveau rapport des forces au sein de la gauche.

* La gauche de rupture a su aussi sauver l'honneur de la gauche et même du pays peut-on  dire en exprimant avec une grande force sa solidarité avec le peuple palestinien en butte à un véritable génocide de la part de l'Etat colonial d'Israël 

* La gauche de rupture a su aussi se battre avec vaillance et parfois à contre-courant contre le racisme et l'islamophobie. Bien des sirènes lui conseillaient de mettre ces thématiques en veilleuse sous prétexte de rassembler. La FI n'a pas cédé, n'a pas flanché.

Cela étant nous devons avoir conscience que la gauche ne pourra vaincre qu'unie et très largement. Pour cela il faut que le noyau central, la FI, soit le plus fort possible. Et rassemble le plus largement possible. Ces deux objectifs sont à mener de front ce qui n'est pas si simple. Il y a là une dialectique qu'il faut être capable de mettre en oeuvre. Mais ces deux axes sont complémentaires, en tous les cas ils ne sont pas antagonistes.

Ni vertige sectaire, ni opportunisme. Il y a dans l'esquive des deux dérives un jeu d'équilibre politiquement nécessaire et délicat.

Pour ce faire nous répétons qu'une réflexion sur l'organisation est nécessaire. Les dynamiques électorales sont incontournables et centrales. Mais elles ne sont pas les seules qui assurent l'hégémonie à gauche et éventuellement dans le pays. On a besoin pour ce faire d'une organisation qui assure la participation démocratique la plus large des couches sociales qui peuvent se reconnaître dans le programme de la gauche de gauche et le faire vivre.

"Vaste programme" que les élections municipales peuvent favoriser tout comme la prise de conscience que le nombre mobilisé et organisé est notre seule force. Et que sans cela non seulement il est difficile de vaincre mais aussi, en cas de victoire, d'éviter que "la révolution soit glacée" et battue. Fait hélas constaté dans les expériences révolutionnaires passées.

Pour cela on doit concevoir la révolution comme, certes, un "moment" exceptionnel mais aussi, en même temps, comme un processus continu, une guerre de position, concept central de la pensée de Gramsci.

 

 

 

Antoine Manessis

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