
Le ministère des Affaires étrangères français annonce que Benyamin Netanyahou et les autres ministres concernés par les mandats d’arrêt pourraient bénéficier d’une "immunité". Le ministère invoque les obligations prévues dans le droit international liées aux immunités des États non parties à la CPI , ce qui est le cas d’Israël.
Un génocide est en cours et la Quai prétexte une "immunité" très discutable. Tellement discutable que le même ministère déclarait en mars 2023 quand la CPI délivrait un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine:" Aucun responsable de crimes commis par la Russie en Ukraine, quel que soit son statut, ne doit échapper à la justice". Or la Russie, comme Israël, ne reconnait pas la Cour pénale internationale.
Selon donc les États et leurs relations avec la France, les jugements du ministère des Affaires étrangères vous rendront blanc ou noir. Dans cette affaire le droit international est effacé par les autorités françaises au profit du soutien d'un État colonial, occupant et génocidaire. Dont acte.
"Immunité" condamnée par la gauche mais aussi par Human Rights Watch et Amnesty international.
Mais cela n'a pas suffit, l'abjection doit être confirmée.
La diplomatie française, totalement alignée sur les positions étasuniennes, a salué: " L’amitié historique qui lie la France à Israël, deux démocraties attachées à l’État de droit et au respect d’une justice professionnelle et indépendante". Consternant ! On ne doit pas lire, écouter et voir les mêmes infos que le Quai d'Orsay.
De plus, pour que les choses soient sans ambiguïté, le ministère des Affaires étrangères annonce que "la France entend continuer à travailler en étroite collaboration avec le Premier ministre Netanyahou et les autres autorités israéliennes pour parvenir à la paix et à la sécurité pour tous au Moyen-Orient".
Pour synthétiser la France est toujours, malgré quelques hésitations, sur le "soutien inconditionnel" à Israël.
Avant-hier France Culture annonçait 50 morts dans un bombardement au Liban. Hier la même radio annonçait 30 morts dans un autre bombardement israélien. Des civils, des enfants... Trois journalistes ont été délibérément assassinés par Tsahal dans le sud du Liban. A la suite de ces derniers meurtres, Israël est accusé de "crime de guerre" par Human Rights Watch et le journal britannique The Guardian confirme, après enquête, que la frappe a été délibérée et que les armes utilisées était étasuniennes.
Les quotidiens israéliens Haaretz et Maariv, généralement bien informés, prétendent que cette "immunité" fut la contrepartie de la signature d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hebzollah.
Or cette trêve a pour but de permettre à Israël de concentrer ses forces contre Gaza et "de se concentrer sur la menace iranienne" a déclaré Netanyahou. Autrement dit de poursuivre le génocide et l'épuration ethnique contre les Palestiniens et préparer un conflit avec l'Iran, sans doute avec l'assentiment de Donald Trump, qui sera président en exercice dans quelques semaines.
Netanyahou s’exprimait hier à l’issue d’une journée marquée par les plus violents raids israéliens sur Beyrouth depuis qu’Israël a lancé son agression contre le Liban.
Pour confirmer cette analyse le ministre israélien des Finances, le fasciste fanatique Bezalel Smotrich, a affirmé le 25 novembre qu’Israël devrait "conquérir" la bande de Gaza et réduire de moitié la population palestinienne locale par une émigration "volontaire". Ajoutant : "il existe ici, selon moi, une opportunité unique qui s’ouvre avec la nouvelle administration Trump."
A bon entendeur...
Antoine Manessis
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