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              Retour sur la désindustrialisation prématurée - D'un champ l'autre

 

 

 

 

Les années 1980 marquent le début d'un processus de désindustrialisation massif en France. La proportion des emplois industriels passant de 41 % à seulement 11 %. Ce recul massif de la production industrielle fait que l'on importe plus des deux tiers de ce qu'on consomme en France.

C'est cela qui a fondamentalement transformé la société française, sa structure sociale et avec elle les relations sociales, les rapports de forces sociaux et la situation politique. 

Ce déclin de l'industrie n'est pas une fatalité. Il résulte d'un choix stratégique en faveur des services et de la finance. Le capital rêvait "d'entreprise sans usines". C'est-à-dire sans travailleurs, sans CGT, sans salaires toujours trop importants aux yeux du patronat, sans pollution pour rallier les classes moyennes de plus en plus sensibles aux questions environnementales.

Expédier les usines en Chine, en Inde, au Maroc etc permettait au capital de payer moins, de gagner plus et de se débarrasser d'une classe ouvrière organisée et combattive. 

C'est ainsi que progressivement la France s'est hautement tertiarisée, mais la désindustrialisation a aussi provoqué mécaniquement un déficit commercial grandissant et une réduction de la base fiscale. Et politiquement, une mutation du travail avec son atomisation, sa précarisation, son uberisation que l'affaiblissement des syndicats et le déclin des organisations du mouvement ouvrier traduisent.

Cette transformation néolibérale a engendré une profonde "fracture sociale", des millions d’emplois industriels et agricoles ont disparu, les structures économiques et sociales s'effondrent. Les services publics sont affaiblis puis cassés. Des territoires entiers perdent leurs infrastructures, leurs écoles, leurs hôpitaux, même les routes et les ponts sont délabrés. Les déserts médicaux gagnent du terrain. La moitié des départements français sont en état d’abandon.

Evidemment cela se traduit aussi politiquement. La montée du néofascisme est liée à la désindustrialisation. La base matérielle d'une classe travailleuse organisée par les syndicats et la gauche ayant explosé, les inégalités aussi. La réponse aux difficultés quotidiennes a permis l'émergence du néofascisme qui remplace les adversaires de classe par les étrangers ou les Français d'origine étrangère, particulièrement ceux des anciennes colonies. Ils sont vus comme une menace  de "subversion" (islamiste) et de "submersion" migratoire (Grand remplacement). Et par "l'ennemi de l'intérieur" politique " l'islamo-gauchisme" qui combine les deux.

Mais rien n'est fatal ni inéluctable. Ce que le politique a créé, il peut le défaire. Preuve en est l'industrie de défense qui a été protégée par l'intervention de l'Etat qui a considéré le secteur comme stratégique assurant ainsi non seulement sa survie mais sa prospérité. Surtout celle de ses actionnaires.

Un Etat ayant une politique orientée en faveur des classes populaires et de leurs intérêts pourrait de la même façon assurer une véritable réindustrialisation tenant compte des impératifs sociaux et environnementaux. 

Mais deux logiques antagonistes se font face. La logique capitaliste et celle de son alternative éco-socialiste. C'est pourquoi la réindustrialisation ne sera pas l'oeuvre "des fondés de pouvoir du capital" dont le seul et unique objectif est la maximisation des profits capitalistes.

Seul un processus social et politique ayant pour objectif le dépassement du capitalisme pourra permettre un développement industriel harmonieux qui ne sera pas, répétons-le, l'industrie et les usines décrites par Emile Zola, ni même celles du XXe siècle, mais qui aura comme objectif le bien-être commun.

 

AM

 

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