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Ursula von der Leyen a prononcé son annuel discours sur l'état de l'Union (européenne). 

Comme un président étasunien. Sauf que si les Etats-Unis sont une nation, l'UE n'en constitue pas une. Mais bon, certains y travaillent rêvant d'un régime où les peuples seraient des plèbes et où les nouveaux patriciens dirigeraient le petit empire, vassal du grand d'outre-Atlantique.

Ursula n'a pas lésiné sur le glamour. Citation de feu-Elisabeth II, tenue aux couleurs du drapeau ukrainien et en guest star Olena Zelenska, l'heureuse épouse de l'acteur comique ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a reçu une standing ovation du parlement européen.

Tout cela faisait un peu provincial par rapport à l'oncle Sam mais on fait avec ce qu'on a. Et puis, tout de même, en 1828 quand les ouvriers des usines von der Leyen se sont rebellés contre leurs employeurs, le 11e régiment de hussard a réprimé la rébellion à coup de sabre. Karl Marx l'a décrit comme le "premier soulèvement ouvrier de l'histoire allemande." On a quand même ses lettres de noblesse...

Sur le fond Madame UE a salué une "nation de héros". "Aujourd'hui, le courage a un nom, et ce nom est Palestine"...euh..."Ukraine". Errare humanum est.

Elle a confirmé le refus de l'UE de chercher une sortie de crise et d'aller vers la paix: "Je veux que ce soit très clair : les sanctions sont là pour rester", a-t-elle déclaré. "C'est l'heure de la résolution et non de l'apaisement."

Une bonne nouvelle tout de même, une taxe exceptionnelle pour capter en partie les énormes bénéfices engrangés par les entreprises de combustibles fossiles. "En ces temps, il est faux de recevoir des revenus et des bénéfices records extraordinaires bénéficiant de la guerre et sur le dos de nos consommateurs. En ces temps, les bénéfices doivent être partagés et acheminés vers ceux qui en ont le plus besoin." Amusante la dame. Car si on comprend bien hors "ces temps" il est normal de faire des profits records sur le dos des consommateurs...

Après quelques paroles inutiles "L'avenir de nos enfants a besoin à la fois que nous investissions dans la durabilité, mais aussi que nous investissions de manière durable"(sic), la cheffe a mis en garde contre les "autocrates étrangers" qui financent des entités au sein de l'UE pour répandre la "désinformation" et les "mensonges toxiques". Parlait-elle des milliardaires d'Europe qui ont fait main basse sur 90% des médias ? Que nenni ! Ce sont, comme toujours, la Chine et la Russie qui sont dans le viseur et von der Leyen qui a promis de combattre ces menaces (imaginaires) avec "un paquet de défense de la démocratie, qui exposerait l'influence étrangère secrète et ferait la lumière sur les financements douteux". Là voilà complotiste en plus du reste.

"Nous ne permettrons à aucun cheval de Troie de l'autocratie d'attaquer nos démocraties de l'intérieur" a-t-elle conclue ce qui constitue une menace évidente pour nos libertés démocratiques: il suffirait à Emmanuel Macron ou à Liz Truss ou demain à Giorgia Meloni de vous présenter comme "cheval de Troie" des Chinois pour vous la boucler et, éventuellement, pour vous boucler. La démocratie von der Leyen fait penser immanquablement à la "démocratie blindée" du régime des colonels grecs.

La présidente de la Commission a promis d'ajouter les crimes de corruption au régime de sanctions des droits de l'homme de l'UE, un outil relativement nouveau qui a été utilisé pour mettre sur liste noire des individus en Russie, en Chine, en Libye et en Érythrée. On remarquera avec satisfaction que la liste noire ne contient aucun Français, aucun Allemand, aucun Anglais, aucun Etasunien, aucun Italien...La corruption n'existe plus chez les civilisés, seulement chez les barbares. Ouf !

Durant le débat qui a suivi l'intervention de von der Leyen, Manon Aubry (députée de la France insoumise) a brandi des factures d’énergie de particuliers pris à la gorge devant la présidente de la Commission européenne. "Celle de Gilles, qui a vu le prix de son électricité augmenter de 113 euros par mois et (…) n’est pas sûr de pouvoir se chauffer cet hiver, celle de Grégoire : 2 300 euros de facture de gaz en à peine six mois, celle de Brigitte qui se demande si elle va devoir arrêter de manger ou de s’éclairer cet hiver », a-t-elle détaillé. Ils sont des millions dans leur cas, à ne plus pouvoir faire face à l’augmentation faramineuse des prix qui ne se limite pas au secteur de l’énergie. Cette crise n’est pas uniquement le résultat de la terrible guerre en Ukraine et du chantage odieux de Vladimir Poutine, elle est aussi le produit d’un système économique dont vous êtes aujourd’hui bien obligée de reconnaître les failles" 

Tout ce que la présidente allemande a su répondre, indignée d'être interpellée sur le sort du vulgaire, c'est "envoyez ces factures à Moscou !" Ça nous rajeuni.

 

Décidemment il n'y a rien à attendre de ce conclave, pour ne pas dire de cet enclos, des riches, pour les riches, par les riches.

 

Antoine Manessis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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