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Le texte de cette nouvelle réforme de l'assurance chômage est un prolongement de plusieurs dispositions déjà mises en place en 2021 lors de la fin du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Toutes ont le même objectif: saper les droits des chômeurs et "flexibiliser" les travailleurs. Saper les indemnisations de façon à ce qu'un travailleur accepte tout et n'importe quoi.

Le ministre du Travail a détaillé ce lundi les nouvelles règles d’indemnisation, qui dépendront de la conjoncture économique. Celle-ci étant aujourd’hui favorable à ses yeux, la durée d’indemnisation des chômeurs sera réduite de 25% dès le 1er février

 La réforme de l'assurance chômage de 2021 a réduit le montant de l’allocation versée aux précaires entre deux contrats courts.  Celle de 2022, réduira la durée d’indemnisation de tous ceux – ou presque – qui perdront leur emploi à compter du 1er février 2023. 

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, ancien membre du Parti Socialiste, (ce qui montre en passant la dégénérescence d'une large fraction de ce parti) a présenté ce lundi les détails de ce nouveau durcissement permis par le projet de loi tout récemment adopté par le Parlement. Les députés de la droite LR s’apprêtent, une nouvelle fois, à permettre les mauvais coups de la Macronie et appuyer le gouvernement pour le nouveau texte sur l’assurance chômage qui va frapper durement les chômeurs. Au sein de la commission mixte Sénat-Assemblée les LR ont durci le projet macronien. Rien d'étonnant à cela mais constatons qu'entre les LR et les RN, la Macronie a bien une majorité à l'Assemblée nationale.

La réforme Dussopt prévoit de moduler la durée d’indemnisation des chômeurs selon que le marché de l’emploi soit dans une période "verte" (un contexte favorable) ou "rouge" (période défavorable).

Dès que le taux de chômage sera sous la barre des 9 % la période sera "verte". Et les chômeurs ne seront plus indemnisés que durant 75 % de la durée d’indemnisation initialement prévue.

Les périodes "rouges" représentent 38 % du temps, contre 62 % pour les périodes "vertes". Pour un demandeur d'emploi inscrit à compter du 1er février 2023, bénéficiant de 24 mois de chômage avec les anciennes règles, les nouveaux droits pourraient dégringoler à 18 mois.

En fait l'objectif est de priver progressivement les chômeurs de leurs droits.

Face à ces attaques d'une violence inouïe la CGT dénonce une "politique scandaleuse" qui vise à faire "une grosse économie sur le dos des chômeurs". Elle fustige par ailleurs le fait d'avoir introduit des exceptions pour certains corps de métiers, comme les pêcheurs, ou les intermittents du spectacle. "Apparemment ils ne seront pas touchés, c'est une façon de diviser les chômeurs entre eux" Son représentant conclut: "On est en train de se servir de l'assurance-chômage pour obliger le plein emploi, obliger des chômeurs à prendre des boulots extrêmement dégradés, mais derrière c'est le plein emploi précaire"

Tout cela confirme l'évidence et la volonté de Macron et de ses affidés d'aggraver la politique néolibérale et antisociale qui est la sienne. Mais la riposte tarde à venir.  À part protester que propose la CGT ? "Inacceptable" dit-elle. OK que propose-t-elle comme action ? Même sa voix est étouffée.  Certes on entend une fraction de seconde un représentant de la CGT dire que la réforme est inacceptable sur la radio ou au JT. Mais où et quand le syndicat peut-il expliquer l'objectif de cette réforme ? 

Il serait temps, y compris par des méthodes transgressives, que la CGT démontre son utilité. Et évidemment cela est aussi valable pour Solidaires et même FO. Pour ce qui est de la CFDT, personne n'attend rien d'elle.

 

 

Antoine Manessis.

 

 

 

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