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                                                                        Manif à Shangaï 

 

Ainsi les Chinois-es sont aussi des êtres humains.

Internet et les télés nous ont montré des ouvriers pas contents qui manifestaient très clairement leur mécontentement. Confinés dans leur usine du fait de la politique "zéro covid".

En plus de cela il semble que les ouvriers sont en conflit avec la direction de cette entreprise pour les salaires et les conditions de travail.

En tous les cas cela montre que les Chinois, comme les Français ou les Britanniques, expriment, malgré la société de surveillance imposée par l'Etat chinois, leurs sentiments et leurs revendications.

On a vu dans d'autres villes, y compris dans la capitale du pays Pékin, des manifestations de colère et de raz-le bol de Chinoises et de Chinois qui ont sans aucun doute bien des raisons d'exprimer leurs opinions sur le fonctionnement de leur société. Les feuilles blanches brandies par les manifestants exprimaient le besoin universel de liberté d'expression.

Quand le "socialisme de marché" a une gueule qui ressemble trait pour trait au capitalisme, personne ne peut être surpris par des réactions à l'action de la loi du profit. Là-bas comme partout. Sauf quelques orphelins du grand naufrage en quête de père de substitution. Mais ça fait peu de monde...

Ce qui est remarquable c'est que les capitalistes et leurs fondés de pouvoir en Chine, aux Etats-Unis, en France et ailleurs commettent toujours les mêmes politiques qui consistent à boire le sang du travail jusqu'au moment où la victime, dans un sursaut vital, ôte les crocs du vampire de son cou. Et lutte.

L'expérience ne leur sert à rien. L'histoire ne leur enseigne rien. Ils exploitent. Au maximum. Tant que l'exploité ne s'organise pas avec tous les exploités et ne construit pas un rapport des forces qui contraigne l'exploiteur à lâcher du lest.

Après la page Mao-Tsé-Toung, avec ses lumières et ses ombres, on aurait pu croire les dirigeants chinois capables de se dire que confiner des milliers de travailleurs dans leur usine c'était "too much". Ben non. Ils ont sans doute la même considération pour les travailleurs que Macron et les siens pour les "gens de rien". Et du coup tant qu'on peut cogner, on cogne. Tant qu'on peut gagner, on gagne.

Alors quand les Chinois, les Britanniques ou les Français disent "Enough is enough!" ils sont tout surpris, presque scandalisés que ces gens-là ne sachent pas rester à leur place. Faudra s'y faire, camarades patrons, Xi-Jinping, Sunak ou Macron.

Quelques centaines de manifestants ne font pas le printemps des peuples. Mais dans cette Chine où les contradictions entre les symboles véhiculés par le pouvoir pour mystifier le peuple et la réalité sociale du capitalisme sont si aiguës, chaque pas en avant, chaque petite manif, chaque lutte est en un encouragement.

"La preuve du pudding c'est qu'on le mange" disait Fredrich Engels. Xi, la preuve de la lutte des classes c'est que tu en manges et que tu vas en manger de plus en plus.

 

Antoine Manessis.

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