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Trente-deux enfants figurent parmi les 125 morts de la bousculade survenue dans un stade de l’île de Java. Le chef de la police locale a été limogé et 9 policiers suspendus alors que l’utilisation massive de gaz lacrymogènes par les autorités pourrait avoir joué un rôle crucial dans le drame. 300 blessés sont entre la vie et la mort.

Rien d'étonnant dans un pays où la violence policière est monnaie courante. Et pas seulement contre les supporters de foot. 

Si, dans les premières heures après les faits, les médias du monde entier n’ont pas manqué de rappeler la réputation de supporteurs virulents des Indonésiens, cette seule explication ne tient plus, avec notamment l’annonce de la mort de 32 enfants – le plus jeune âgé de 2 ans ou 3 ans, selon le gouvernement – présents dans le stade.

"Il n'y avait rien, pas d'émeutes. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, il sont soudainement envoyé du gaz lacrymogène" raconte un témoin "Ce qui m'a choqué c'est qu'ils ont pas pensé aux femmes et aux enfants ?"

C'est bien l'usage massif des gaz lacrymogènes et les matraquages indistincts des policiers qui semblent avoir provoqué le mouvement de panique parmi les spectateurs.

L'Indonésie a connu des épisodes d'une violence extrême durant son histoire. Et cette violence est omniprésente dans la société indonésienne. La lutte contre le Japon qui occupait le pays, puis contre la puissance coloniale néerlandaise et les troupes britanniques qui les appuyèrent et qui dura de 1945 à 1949 fut extrêmement violente. 200.000 morts indonésiens payèrent le prix de l'occupation impérialiste hollandaise.

Après l'indépendance les "révolutions sociales" secouèrent le pays. Elles étaient autant de défis à l'ordre social établi par les Pays-Bas en Indonésie et, dans une certaine mesure, le résultat du ressentiment vis-à-vis des politiques imposées par les Japonais. Des politiques de pillage impérialiste. Une culture de violence enracinée dans les conflits profonds qui divisaient les campagnes sous domination néerlandaise se manifesta à plusieurs reprises tout au long du XX siècle.

L'armée indonésienne et des milices musulmanes accomplirent un véritable génocide "politique" contre les membres et sympathisants du PKI (le parti communiste indonésien) en 1965 et 1966 fit au moins 1 million de victimes. Ce fut l'un des massacres de masse les plus importants dans le monde depuis la Seconde Guerre Mondiale. Puis ce fut au tour du Timor de subir un véritable génocide de la part de l'armée qui fit, selon Amnesty International et Human Rights Watch, plus de 200 000 morts.

 

NBH

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