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L'Afrique est l'enjeu de la rivalité entre les puissances impérialistes. La France héritière du "temps béni des colonies" et de la "Fançafrique" avait des positions de force sur le continent. L'armée française possède des bases en Afrique et a multiplié les interventions militaro-politiques à l'appel ou non de ses fantoches.

Mais l'impérialisme français s'effondre lentement mais sûrement. Les Etats-Unis, la Russie et la Chine s'affrontent pour mettre la main sur les immenses richesses africaines. Au Mali et maintenant au Burkina-Faso, des juntes militaires appuyées par l'opinion publique hostile à la présence française, prennent le pouvoir.

A l'ONU le vice-premier ministre malien, le colonel Maïga, a déclaré "Les autorités françaises, profondément anti-françaises pour avoir renié les valeurs morales universelles et trahi le lourd héritage humaniste des philosophes des Lumières, se sont transformées en junte au service de l'obscurantisme." C'est dire à quoi a servi l'opération Barkane initiée par François Hollande et poursuivie par Emmanuel Macron. Tout en accusant la France de "pratique néocoloniale, condescendante, paternaliste et revancharde", le dirigeant malien a salué "les relations de coopération exemplaire et fructueuse entre le Mali et la Russie". On voit ces derniers jours qu'il en  va de même au Burkina où les Français sont conspués et les Russes bienvenus.

La Russie est de plus en plus présente en Afrique y compris militairement avec les auxiliaires officieux de l'armée russe du groupe Wagner.

La volonté hégémonique des États-Unis s'exprime aussi vers l'Afrique. Dans le passé sous-traitant en grande partie la lutte contre l'URSS à la France et à l'Europe et aux régimes racistes d'Afrique, la présence chinoise et russe, l'affaiblissement des impérialismes européens et la chute des régimes racistes, obligent les E-U de s'engager davantage sur ce terrain. La conquête du marché africain,  le potentiel économique de l’Afrique. sont désormais à l'ordre du jour des politiques étasuniennes. En particulier face à la politique active et habile de l'adversaire stratégique, la Chine, et les avancées russes. L'administration Biden a sorti cet été un document "Stratégie américaine envers l'Afrique subsaharienne", redéfinissant l'approche des Etats-Unis dans la région ciblant en particulier les influences jugées néfastes de Moscou et Pékin. Un sommet américano-africain est prévu le 13 décembre à Washington.

L’arrivée des Chinois, avec leurs projets et leurs financements, a permis aux Africains de sortir du face-à-face avec les anciennes puissances coloniales. Elle leur offre un moyen de se démarquer de l’Occident, une autre façon d’envisager l’organisation mondiale. La Chine était un prestataire de service plutôt qu’un investisseur en Afrique. Cela change ces dernières années. Les activités chinoises en Afrique relevaient davantage du commerce – de biens ou de services – que de la production. Sur les matières premières, les fournisseurs africains dépendent davantage du client chinois que le contraire. L'intérêt  des Chinois est aussi politico-diplomatique : ils ont pu obtenir la direction de quatre agences onusiennes : l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’Organisation pour le développement industriel (ONUDI) et l’Union internationale des télécommunications (UIT) grâce au soutien africain. Mais désormais il semble que les entreprises privées chinoises investissent davantage.

Que l'Afrique utilise les contradictions entre impérialismes pour se développer et pour gagner en marges de manœuvre et d'indépendance on ne peut que s'en réjouir. Que les nouveaux impérialismes remplacent les anciens serait plus préoccupant et sans doute ne ferait que changer d'exploiteur pour les peuples d'Afrique. A eux seuls d'en décider. 

 

NBH

 

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