Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

 

Le fait dominant de la situation mondiale est la domination du capitalisme dans tous les pays. En tous les cas de toutes les grandes puissances. Ce fait de base est évidemment de la plus haute importance. Le comprendre et l'intégrer à nos analyses plus encore. Ce que beaucoup ne font pas, donnant crédit aux vagues relents anti-impérialistes de certains discours, un peu comme ces braves anti-impérialistes de différents pays qui donnèrent crédit aux discours faussement anti-impérialistes d'Hitler ou les âneries de Mussolini sur les "Etats prolétaires".

Cela a des conséquences. Deux seuls exemples que nous pourrions hélas multiplier. Les Etats-Unis attaquent et détruisent l'Irak. La Russie attaque l'Ukraine. S'il faut éviter le deux poids deux mesures et s'aveugler sur la responsabilité de notre gouvernement et de ses alliés, discuter sur les responsabilités premières est assez vain. En 1914 qui est le "plus" responsable entre Allemagne, Autriche, Angleterre, France, Russie... de la boucherie mondiale ? La réponse est: tous. C'est-à-dire le capitalisme "qui porte la guerre comme la nuée porte l'orage".

Pourquoi en irait-il différemment aujourd'hui ? Dans cet affrontement il n'y a pas de "camps du bien". Et la seule réponse, certes utopique compte tenu des rapports de forces et de l'état de conscience politique des masses, serait que des deux côtés les crosses se lèvent pour refuser les massacres fratricides. Mais puisque nous reconnaissons nous-même l'impossibilité de cette solution quel chemin nous reste-t-il ?

Celui qui limite au maximum les risques d'escalade guerrière. Donc entrer dans un processus politique de négociations, de compromis, certes entre brigands, pour éviter que leur guerre de territoire dégénère et finisse par annihiler tous les combattants, et même les non-combattants, ce qui n'est profitable pour personne. 

De 1917 à 1990 le mouvement communiste international, les progressistes, une large partie des peuples voyaient dans la Russie soviétique au moins le grand arrière. Et après la Seconde guerre mondiale, le pays victorieux du fascisme. Encore après, un soutien central aux luttes de libération nationale anti-colonialiste et anti-impérialiste. Cela laisse des traces. La bourgeoisie russe en joue, conservant la coquille rouge mais vide. Symbolique le sort qu'a fait Poutine de l'hymne du pays: on garde, on rétablit même, la musique de l'hymne de l'URSS mais on en change les paroles. Malin...et ça marche. Surtout auprès de beaucoup de ceux qui ont du mal à se confronter à un réel autrement plus complexe et contradictoire qu'ils ne croyaient.

Du coup la Chine redevient rouge, dans leurs rêves. Et la Russie dénazifie l'Ukraine. Et le Vietnam est socialiste et la Corée du Nord, un modèle de démocratie participative sans doute.

Comme il est difficile, camarades, d'être léniniste quand il s'agit de "faire l'analyse concrète de la situation concrète" et que celle-ci nous envoie dans la gueule le naufrage d'une partie de nous-mêmes ou du moins de nos combats.

Mais la lumière comme "la mort n'éblouit pas les yeux des partisans". Les défaites nous enseignent. Lénine fait un pas de danse quand la révolution bolchevick dure plus longtemps que la Commune de Paris. Lénine encore: "la lutte révolutionnaire ce n’est pas une promenade sur la perspective Nevski". La défaite et l'échec il faut les regarder en face et poursuivre le chemin. La lutte continue "Sans vérité tracée, sans lendemains qui chantent" mais elle continue. Sous d'autres formes, d'ailleurs multiples, et sur d'autres fronts que ceux connus dans le passé.

Nadejda Kroupskaïa racontait en 1928 que Lénine répétait souvent "qu'un marxiste révolutionnaire doit être prêt à tout en toute circonstance". Pour cela il faut cesser de se raconter des contes et saisir les nouvelles réalités. Car ce sont à partir des réalités qui sont contradictions et en mouvement que nous poursuivons l'histoire "avec nos yeux ouverts en grand sur le réel". 

C'est ce réel qui nous fait dire qu'en Ukraine nous assistons à une guerre entre impérialistes et que les peuples n'ont qu'un combat à mener. Celui de la paix qui s'imposera à tous les belligérants et à tous les bellicistes. Toutes les initiatives dans ce sens et d'où qu'elles viennent devront être soutenues. Le plus tôt sera le mieux.

 

Antoine Manessis.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :