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"Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et qu’on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes. "

 

Mirabeau (1749-1791), au marquis de Dreux-Brézé, salle du Jeu de paume, 23 juin 1789.

 

 “Allez dire à votre maître…” Votre maître ! C’est le roi de France devenu étranger. C’est toute une frontière tracée entre le trône et le peuple. C’est la révolution qui laisse échapper son cri.

 

Victor Hugo

 

 

 

 

François Ruffin expose un point de vue qui contribue à stimuler le débat au sein de la gauche, des forces populaires et progressistes. Pour en prendre connaissance:

 https://www.youtube.com/watch?v=ZdZ0spPoIdo

Les législatives et la situation politique nouvelle qu'elles ont créée exige en effet que la gauche s'engage à approfondir sa réflexion stratégique.

Différentes "sensibilités" s'expriment. A notre sens de façon complémentaire. D'ailleurs c'est ce que dit François Ruffin puisque son point de vue se fonde sur son expérience dans la Somme, même si évidemment il a une portée plus générale.

L'économiste Cédric Durand et le sociologue Razmig Keucheyan, exposent dans Libération du 24 juin, leur vision dans un article intitulé "La Nupes doit faire entrer le mouvement social au Parlement". Là aussi on trouve des pistes passionnantes, toutes méritant intérêt, discussion et critique.

Ne cachons pas la difficulté de la tâche en pleine bataille politique. Mais comme disait l'autre avec pertinence: "pas de mouvement révolutionnaire sans théorie révolutionnaire" (à traduire en français du XXIe siècle et surtout en situation).

Nous joignons à ces analyses celle de Roger Martelli dans la revue Regards du 21 juin:

http://www.regards.fr/actu/article/nouvelle-election-nouvelle-donne-politique

Comme à son habitude la finesse d'analyse est au rendez-vous. N'oubliant pas de rappeler que "boostée par le score Mélenchon et par l’inébranlable opiniâtreté du leader de la France insoumise, la gauche dans son ensemble est devenue dimanche le principal bloc d’opposition au pouvoir", Martelli ne dissimule en rien la dangerosité du score du RN et le nécessaire travail de conquête d'une fraction des classes et de la jeunesse populaires déconnectées de la gauche politique.

Avec ces contributions on est loin des platitudes et des rabâchages de brejnévo-rousséliens qui remplacent la réflexion critique par un discours relevant bien davantage d'Alain Finkielkraut que de Karl Marx.

La lecture et l'écoute de ces premières réactions, de ces premières pistes doivent nous inciter à approfondir nos analyses pour aboutir à des propositions ou, en tous les cas, des axes de progression. 

La nouvelle donne politique met à l'ordre du jour toute une série de questions qui sont loin d'être inédites, elles sont aussi anciennes que le mouvement ouvrier et populaire, mais auxquelles les réponses devront l'être. Telles les questions du parti, du front, du syndicat, de l'articulation entre luttes sociales, politiques et parlementaires, de l’État, du processus de transition... etc.

On le voit les temps à venir seront ceux de la réflexion pour éclairer l'action et de l'action pour éclairer la réflexion. En tous les cas d'un travail acharné pour répondre aux questions que nous pose la vie et dont nul n'a encore la réponse.

 

Antoine Manessis.

 

 

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