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                                                                                          Guerrier Magyar

 

Hongrie. Allié de l'Allemagne hitlérienne ce pays était après la guerre dans la sphère d'influence soviétique. En 1945 lors d'élections pluralistes le PC n'obtient que 17% des voix bien qu'auréolé de son positionnement anti-fasciste et de la libération du pays par l' Armée rouge. Sous la pression de celle-ci les autres partis sont soit éliminés soit absorbés et la République populaire est proclamée en 1949 par le chef du PC Matias Rakozy. Le PC connait une purge violente avec l'arrestation, le procès et l'exécution de Laszlo Rajk qui avait dirigé le parti en Hongrie durant l'occupation allemande et qui devient ministre de l'intérieur (il est le responsable de la police politique du parti communiste AVH).puis ministre des affaires étrangères de la Hongrie socialiste. Il fut accusé de "titisme", d'être un agent impérialiste et d'œuvrer à la restauration du capitalisme. Janos Kadar, arrêté lui aussi mais dont la vie fut épargnée, reviendra à la tête du Parti de 1956 à sa mort en 1988. 1956 et l'insurrection anti-communiste et l'intervention soviétique marquent le pays. Kadar introduit certains mécanismes du marché dans l'économie et au début des années 1980, il laisse se développer des activités économiques privées. Cet allègement de la collectivisation a pour conséquence une augmentation du niveau de vie. Mais le vent de l'histoire a tourné et le "socialisme réellement existant" implose sous le poids de ses contradictions. Le Parti renonce de lui-même à son rôle dirigeant au début de l'année 1989, ce qui ouvre la voie à l'effondrement du régime.

Depuis la Hongrie renoue avec son passé réactionnaire. Un homme symbolise la Hongrie capitaliste. C'est Victor Orban, membre du Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSZ), il est Premier ministre de Hongrie de 1998 à 2002, et depuis 2010. Il s'engage en politique à 24 ans contre le régime communiste. Son positionnement à l'extrême-droite ne gène guère l'UE malgré quelques palinodies ridicules. Et surtout il conserve le soutien de la majorité du peuple hongrois. Chantre de" l'illibéralisme", un néofascisme du XXIe siècle, néolibéral en économie et ultra réactionnaire pour le reste. Mais le bougre est habile: son nationalisme, son racisme, sa navigation à vue en politique étrangère où il parvient à faire ami avec Washington, Moscou et Pékin lui permettent une longévité politique remarquable.

A la veille des prochaines élections l'opposition (six partis) s'est unie contre lui choisissant Peter Marki-Zay, un élu ultra-réactionnaire et ultra-catholique dont le programme est d’adopter l’euro, d’adhérer au parquet européen pour qu’il puisse enquêter sur l’enrichissement suspect des proches de M. Orban et de s’aligner sur les positions de l’OTAN dans le conflit ukrainien. Bref de quoi renforcer Victor Orban. Le mot d'ordre de l'opposition est: "L’Ouest plutôt que l’Est" ce qui résume parfaitement son projet et qui explique que les sondages donnent un avantage net à Orban. Le croisé de l'Occident  se présente comme le rempart numéro un en Europe contre "l'invasion musulmane". Il est le premier en Europe à avoir construit un mur anti-migrants. Mais des dizaines de milliers de réfugiés ukrainiens ont rallié la Hongrie : réactionnaire, blanc et chrétien le migrant ukrainien est bienvenu. Son soutien à Marion Maréchal Le Pen, Marine Le Pen et Eric Zemmour et aux extrême-droites européennes fait de Budapest un centre de la subversion néofasciste.

Orban se rapproche également de Moscou, de Pékin et d'Ankara pour desserrer l'étau de l'Union européenne et par affinité avec ces régimes capitalistes et autoritaires.

Inutile de préciser que la gauche joue les utilités. Elle est absente de la coalition unie d'opposition qui va du social-libéralisme aux néonazis. Les communistes ont disparu (0,4% des voix). La gauche est littéralement pulvérisée. Le peuple hongrois a donc le choix entre la peste et le choléra. Ici, nous n'en sommes pas encore là, alors dans 15 jours pas une voix ne doit manquer à l'Union populaire.

 

Antoine Manessis.

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