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               Paris. 26 février. Le drapeau des néo-nazis bandéristes* flotte (rouge et noir). 

 

 

Les gauches ont condamné l'intervention militaire de la Russie en Ukraine.

Mais elles l'ont fait de façon très différente.

Si la FI et le PCF dénoncent l'agression de Poutine, ils réclament le retour à la table des négociations et font référence aux responsabilités occidentales. Ils ne croient pas que des sanctions contre la Russie fassent avancer une solution pacifique. Et se prononcent pour des négociations.

Rien de tel à EELV et au PS qui veulent des sanctions contre la Russie et souhaitent même armer l'Ukraine. L'atlantisme de cette mouvance est un problème très sérieux pour la gauche. S'aligner sur les Etats-Unis en politique internationale est incompatible avec la mise en oeuvre d'une politique de gauche en France. Avoir au sein de la gauche des agents d'influence de l'impérialisme étasunien est plus que problématique.

Rappelons que les députés européens PS et EELV sont signataires d'une résolution du parlement européen amalgamant l'URSS et l'Allemagne hitlérienne. Quand ceux de la FI ils ont refusé de se déshonorer et n'ont pas signé cette résolution imbécile et mensongère. Le PCF n'a plus de députés européens depuis la brillante campagne de Ian Brossat qui, de façon surprenante, dirige celle de Fabien Roussel.

On sait que le PS, contrairement à Chirac et Villepin, était partisan de la guerre du Golfe. Hollande était même allé à l'ambassade des Etats-Unis pour faire part de son soutien à la politique du président Bush. Le PS n'est ni de droite, ni de gauche mais, sûr, il est à l'Ouest. Dans tous les sens du terme.

Nombreux sont ses cadres et élus (de même, soyons juste, que leurs homologues de droite)  à avoir bénéficié de la French-American Foundation* dans le cadre de son programme "Young Leaders". Tels Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Fleur Pellerin, Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine, Aquilino Morelle, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, Valérie Pécresse, Jean-Marie Colombani, Laurent Wauquier, Bernard Guetta, Laurent Joffrin, Christine Ockrent, Alain Minc, Matthieu Pigasse, Alain Juppé, Thomas Pesquet tout comme cinq cents autres personnalités françaises, parmi lesquelles...François Hollande himself.  Des hommes et femmes de gauche qui ne feront pas dans l’antiaméricanisme primaire d'un Mélenchon… 

Mais laissons là cette expression parfaite de la symbiose entre les trois sphères politique, économique et médiatique françaises. 

Constatons qu'Anne Hidalgo candidate du PS déclare:  "L’attitude de la France doit être celle de la plus grande fermeté. La situation est d’une gravité inédite. La France et l’Europe doivent être au rendez-vous de l’Histoire et faire preuve d’unité. La réaction française doit s’inscrire totalement dans celle de l’Union européenne. Il faut des sanctions économiques fermes et immédiates : blocage des organismes de propagande russe, saisie des avoirs des proches du Kremlin, suspension de l’accès aux systèmes de virement financiers internationaux. Il faut aussi que l’Union européenne démontre toute notre solidarité, en fournissant à l’Ukraine le matériel militaire nécessaire pour faire face à ce conflit. Il en va de la défense de notre modèle démocratique et de la souveraineté des nations européennes dont l’Ukraine fait partie."

Et pour plus de précision sur son positionnement elle ajoute "Je pense qu’il faut une gauche de gouvernement qui soit capable de faire les compromis nécessaires dans la société pour que les points de vue se rapprochent.../... la gauche qui ne se complaît dans cette radicalité, elle n’accède pas au pouvoir. Ou si elle accède au pouvoir elle est incapable de chercher le dialogue avec les autres. Quand on gouverne, il faut aussi être capable de créer des consensus pour qu’on s’y retrouve". 

Mais il semble que ceux qui ne s'y retrouvent pas ce sont les électeurs socialistes puisque les sondages donnent entre 2% et 3% à Hidalgo.

On comprend qu'il soit difficile pour la gauche de gauche de ramer à contre-courant avec le déferlement propagandiste en cours. Toutefois il faut tenir un discours de vérité au peuple et ne pas céder à l'hybris de l'union sacrée et des gesticulations pseudo-solidaires. Solidaires avec qui d'ailleurs? Un peu de précision serait utile.

Une fois encore l'agression russe contre l'Ukraine nous parait une faute et une erreur politique, une réponse inadéquate à la problématique politique. On ne règle pas les problèmes de cette façon. Mais il ne faut pas omettre la responsabilité première de l'OTAN c'est-à-dire des Etats-Unis d'Amérique sinon on oublie les causes pour ne dénoncer que les effets. On ne doit pas oublier non plus de dénoncer la nature de classe des Etats qui s'opposent dans cette affaire ukrainienne : tous sont des Etats capitalistes.

Dénoncer "la guerre impérialiste" comme le fait le KKE (le PC de Grèce) est juste mais insuffisant. Il faut aussi prendre en compte ce qui a provoqué la guerre. Encore une fois sans la justifier. La direction russe devrait pourtant savoir que la guerre ne règle rien. Les impérialistes étasuniens se sont brisés les dents contre des bandes de paysans afghans. La leçon vaut pour tous les impérialismes qui agressent un pays. Il y avait moyen de créer un rapport de forces qui évite la guerre. La Russie capitaliste n'a pas su saisir cette solution.

Par ailleurs on ne doit pas confondre les réactions en Europe et celles du monde. La Chine, l'Inde, l'Afrique, l'Amérique Latine ne réagissent pas comme les centres impérialistes occidentaux. Leurs positions, diverses, sont beaucoup plus nuancées et surtout dépourvues de l'hystérie et la paranoïa alimentée par les médias et les politiciens du capital en Europe et aux Etats-Unis. Ce point est important même si la pression idéologique nous le fait négliger.

Enfin il faut noter, pour lutter contre la confusion semée par les médias-menteurs et manipulateurs et par des journalistes souvent incultes, que les manifestations pour l'Ukraine qui se déroulent dans notre pays ont pour une part des mots d'ordre bellicistes, jetant de l'essence sur les feux. Et d'autre part qu'on y trouve des gens avec lesquels nous, la gauche, les anti-fascistes, ne devrions pas manifester. Pour illustrer cet article nous vous montrons une photo prise cet après-midi à Paris: on y voit très nettement le drapeau des bandéristes, des partisans de Stepan Bandera*.

La juste indignation ne doit pas rendre aveugle, naïf et encore moins complice.

 

Antoine Manessis.

 

* Fondation crée sous l'égide des présidents Gerald Ford et Valéry Giscard d'Estaing en 1976 dans le but "d’encourager le dialogue entre les deux pays." Comme en termes galants...

*Stepan Bandera est un fasciste, l'un des dirigeants de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) et le dirigeant de l'Organisation des nationalistes ukrainiens, dite « OUN-B », nazie. Dans sa lutte  pour l'indépendance de l'Ukraine contre la l'Union Soviétique, il collabore avec l' Allemagne hitlérienne en créant la Légion ukrainienne, sous commandement de la Wermacht nazie et participe activement à l'extermination des juifs et à la lutte contre les Partisans soviétiques. Ses affidés sont appelés bandéristes.

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