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                                        "Mé 1967" massacre néo-colonial en Guadeloupe

 

La lutte contre la "profitation"(exploitation outrancière) vient de loin en Guadeloupe et en Martinique.

Outre les luttes historiques, celles de 1967,1993, 2009 et bien d'autres encore, parsèment la vie sociale des Antilles françaises. L'UGTG, le LKP sont devenus des sigles connus même en métropole trop longtemps indifférente. De puissantes et massives mouvements sociaux et grèves générales trouvent leurs origines dans la situation sociale des îles et les rapports post-coloniaux avec l'Etat français.

Des inégalités criantes, des prix à +35% par rapport à la métropole, un chômage des jeunes à 55%, des problèmes d'eau (jusqu'à 2 ou 3 coupures par jour), des services publics délabrés, voilà le tableau général.

A cela s'ajoute la crise sanitaire qui, dans ce contexte dévasté, a fait énormément de dégâts.

L'obligation autoritaire de la vaccination des personnels des hôpitaux a été le détonateur d'une colère sociale légitime. D'autant que la confiance entre les peuple guadeloupéen et martiniquais et l' Etat français a été brisé irrémédiablement par l'affaire du chlordécone, un perturbateur endocrinien reconnu comme neurotoxique, reprotoxique (pouvant altérer la fertilité) et classé cancérogène possible dès 1979 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La quasi-totalité des Guadeloupéens et des Martiniquais sont contaminés par ce pesticide ultra-toxique, utilisé massivement de 1972 à 1993 dans les bananeraies. Les patrons "békés" (du nom des Blancs créoles qui descendent des colons et détiennent toujours la majorité des plantations) tout-puissants, bien conscients des risques  et avec la complicité de l'Etat ont fait en sorte que le chlordécone soit utilisé dans les bananeraies. Interdit en métropole à partir de 1990, il fut utilisé jusqu'en 1993 aux Antilles.

Le néocolonialisme poursuit son oeuvre destructrice en Martinique et en Guadeloupe. La lutte des peuples des îles est une lutte juste qui mérite le soutien des travailleurs français.

Que Macron, comme réponse à cette situation, envoie le GIGN et le RAID et choisisse la violence néocoloniale n'est pas pour étonner tant ce régime a fait la preuve de son mépris et de sa brutalité à l'égard des revendications du monde du travail.  "L’État a choisi de laisser crever les ouvriers agricoles", fulmine Philippe Verdol, président de l’association EnVie-Santé et maître de conférence en économie à l’université des Antilles. 

Les médias osent dénoncer la violence de la part des manifestants sans expliquer que les effets ont des causes. Que s'il y a eu violence à l'origine c'est celle des gouvernements français complices du patronat, celle qui fait que les Antilles détiennent le triste record du monde en la matière de cancers de la prostate.

 

Antoine Manessis.

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