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                           Le peuple soudanais résiste au coup d'Etat militaire                  

 

 

Le Parti communiste soudanais est l'un des plus vieux et des plus influents partis communistes d'Afrique, et l'un des derniers encore influent et actif. Son rôle a été déterminant pour le succès de la révolution de 2019 qui a renversé la dictature d'Omar el Béchir et sa place dans la vie politique soudanaise est encore importante.

Fathi Fadul, porte-parole et membre du Comité central déclare: "Nous savons que nous ne gagnerons jamais seuls les élections dans un pays comme le Soudan. Et nous n’avons jamais pensé que ce serait le cas. Cette image est créée artificiellement pour exciter l’anticommunisme et déstabiliser le pays. Une chose est sûre : nous sommes là pour rester. Et à nos conditions. Notre objectif est clair : dans le cadre d’un front politique large, l’indépendance et la démocratie. La paix et la justice sociale, comme le dit notre slogan, cela reste notre but."

Le PC Soudanais a toujours insisté pourque l'armée reste dans ses casernes: "Nous voulons maintenant l’instauration d’un Parlement civil, pour parachever la révolution civile. Nous refusons de dire que les militaires sont des partenaires dans la révolution, ce n’est pas vrai. Nous ne les acceptons que comme Soudanais, ni plus ni moins."

Or les événement de ces jours derniers et ceux de lundi démontrent que l'armée et même une fraction dissidente des Forces pour la liberté et le changement (FLC), le mouvement qui a renversé el-Béchir, ont une autre perspective. Des sit-in avaient été organisés avant ce qui semble être une tentative de coup d'Etat pour demander le retour de l'armée au pouvoir et la chute du gouvernement civil. La majorité des ministres et les membres civils du Conseil de souveraineté, qui chapeaute la transition au Soudan, ont été arrêtés, Internet est coupé et des soldats ont pris d’assaut le siège de la radio-télévision d’Etat. Le général Abdel Fattah al-Burhane, l’instigateur de ce coup de force, a annoncé la dissolution des organes de transition et décrété l’état d’urgence.

La situation économique du pays est sous pression. Sa dette est utilisée par le FMI et la Banque Mondiale pour imposer leur politique néolibérale. Régionalement l'Egypte et l'Arabie Saoudite n'ont guère de sympathie pour le mouvement populaire et démocratique soudanais.

Les Soudanaises et les Soudanais sont descendus dans les rues pour refuser ce putsch militaire qui tente de les priver de leur victoire de 2019. La répression de l'armée est féroce :  des militants ont diffusé sur les réseaux sociaux, des scènes de lynchages et d’humiliations, des vidéos de femmes rouées de coup en pleine rue par des soldats, des étudiants de l’université de Khartoum couverts d’ecchymoses, cheveux rasés après avoir été frappés jusque dans leur chambre à coucher. Le bilan, très provisoire, fait déjà état de sept morts et 140 blessés. Malgré cela les manifestants s’organisent, on voit ici et là des barricades qui bloquent les rues de différents quartiers de la capitale, c’est ce que les manifestants appellent le "tetris", une sorte de guérilla urbaine pacifique.

Les "comités de résistance" ainsi que de nombreux syndicats ont appelé à la désobéissance civile et à la grève générale.

 

Antoine Manessis.

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