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Georges Brassens a 100 ans

 

 

 

Présidentielles. La tendance CLAIRE du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) a publié une prise de position que nous croyons utile de faire connaître à nos lecteurs.

Non que nous approuvions la totalité de ce qui est dit mais la ligne générale tirent compte, tout simplement, de la réalité et répond à "l'analyse concrète de la situation concrète".

Une leçon donnée par des trotskistes à d'autres trotskistes et aux paléo-communistes "orthodoxes" et "identitaires", tous enfermés dans un dogmatisme  poussiéreux, borné et sectaire, voilà qui prouve que certains clivages vieux de 80 ou 50 ans n'ont guère de sens. Des pseudo-léninistes se transforment en  moulins à prière dont les capacités de mobilisation s'échelonnent entre 5 ou 15 braves camarades, les uns trop vieux pour abandonner leur dogme, les autres trop jeunes et pour qui être inexistant est la preuve d'être à l'avant-garde. Des trotskistes qui disaient à propos du référendum sur Maastricht "Ce référendum est un piège, et le simple fait d'y participer, c'est le cautionner". Autant de clairvoyance laisse sans voix.

Staliniens ou trotskistes, "ne fait rien à l'affaire. Quand on est con, on est con!"*

La tendance CLAIRE résume en une phrase ce que d'instinct (de classe) beaucoup ont déjà compris (ils étaient 7 millions en 2017): ".../...C’est cette situation qui donne à Mélenchon (et à lui seul parmi les candidat-e-s à la gauche du PS et des Verts) des chances d’être présent au second tour. En effet, en comparaison avec le duel annoncé entre Macron et Le Pen, ou face aux autres candidat-e-s des partis qui nous gouvernent depuis trop longtemps, la classe ouvrière et les opprimé-e-s ne sont évidemment pas indifférent-e-s à l’hypothèse que Mélenchon soit qualifié pour le second tour : ils/elles utiliseront massivement ce bulletin de vote dès le premier tour, par un pragmatisme populaire qui ne signifie évidemment pas un blanc seing à Mélenchon." (souligné par nous NBH)

Le soutien critique au candidat de l'Union Populaire est le minimum de ce que l'on attend de tout-e militant-e et de tout-e citoyen-ne conscient de la situation politique et sociale dans laquelle nous nous trouvons.

Merci à ceux qui, comme la tendance CLAIRE au NPA, le font même contre leur organisation. 

 

Antoine Manessis.

 

* Georges Brassens "Quand on est con".

 

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"La Tendance CLAIRE du NPA appelle à voter Mélenchon tout en menant la bataille contre les impasses réformistes de son programme.

En toutes circonstances, y compris en période électorale, nous défendons nos positions politiques communistes révolutionnaires, qui s’incarnent dans un programme, une stratégie et des orientations dictées par l’actualité. Mais cela ne veut pas dire que nous ne devions pas avoir de tactique électorale, qui est alors forcément différente selon les moments. En se présentant systématiquement aux élections (dès qu’elle le peut) au prétexte de défendre ses positions contre les réformistes, la majorité de l’extrême gauche française a oublié qu’il s’agissait là d’une question tactique, et non d’un principe. Sans pour autant avancer vers la construction d’un parti révolutionnaire, faute de défendre un véritable programme de transition axé sur l’expropriation des grands groupes capitalistes et la prise du pouvoir par les travailleur/se-s, LO et le NPA font preuve en fait d’une attitude sectaire d’auto-construction, aveugle aux besoins objectifs de notre classe selon l’« analyse concrète de la situation concrète ».

Or l’élection présidentielle de 2022 est d’ores et déjà dominée par l’annonce d’un duel entre Macron et Le Pen, c’est-à-dire, du point de vue des intérêts de la classe ouvrière et de tou-te-s les opprimé-e-s, par l’alternative entre la peste et le choléra. Alors que l’extrême droite pourrait arriver au pouvoir et après cinq ans d’une politique anti-ouvrière et liberticide de Macron, dont la réélection enclencherait l’avalanche des contre-réformes interrompues par la crise sanitaire, la situation n’a jamais été aussi défavorable à notre camp social, sur le plan électoral, depuis les débuts de la Ve République.

En même temps, la base de ces deux candidat-e-s est trop étroite pour leur garantir à ce stade la qualification au second tour et d’autres candidat-e-s d’extrême droite, de droite et de la gauche bourgeoise (PS et Verts) sont en embuscade en espérant que l’incertitude de la situation leur profite. Avec la pléthore de candidat-e-s annoncé-e-s, il n’est pas possible de prévoir qui sera qualifié pour le second tour, mais il est évident que cela se jouera à peu de voix.

C’est cette situation qui donne à Mélenchon (et à lui seul parmi les candidat-e-s à la gauche du PS et des Verts) des chances d’être présent au second tour. En effet, en comparaison avec le duel annoncé entre Macron et Le Pen, ou face aux autres candidat-e-s des partis qui nous gouvernent depuis trop longtemps, la classe ouvrière et les opprimé-e-s ne sont évidemment pas indifférent-e-s à l’hypothèse que Mélenchon soit qualifié pour le second tour : ils/elles utiliseront massivement ce bulletin de vote dès le premier tour, par un pragmatisme populaire qui ne signifie évidemment pas un blanc seing à Mélenchon.

Le programme de Mélenchon est réformiste, c’est-à-dire qu’il prétend mener une politique plus favorable aux classes populaires sans rompre pour l’essentiel avec le système capitalisme et les institutions de l’État capitaliste, et il contient en outre des mesures avec lesquelles nous sommes en désaccord : c’est pourquoi nous allons en faire une critique précise et systématique. Cependant, la mise en avant des mesures progressistes de ce programme et sa volonté affichée de rompre avec la politique de Macron, de l’UMP et du PS, est en écho avec les aspirations légitimes des secteurs les plus avancés de notre classe. S’il est clair que Mélenchon au pouvoir serait incapable d’appliquer ces mesures progressistes, faute d’exproprier les grands groupes capitalistes et de miser sur la mobilisation révolutionnaire des masses, nous ne pouvons pas mettre son programme sur le même plan que celui des partis des classes dirigeantes de droite et de gauche. Au contraire, nous souhaitons aller au dialogue avec les secteurs de notre classe qui se retrouvent dans ce programme et cette candidature et qui, en cas de victoire de Mélenchon, pourraient reprendre confiance et être encouragés à se mobiliser massivement pour imposer leurs revendications, donc des changements par en bas.

C’est pourquoi, après avoir pris le temps de la réflexion et du débat, la Tendance CLAIRE du NPA (la seule qui ait voté contre la candidature de Philippe Poutou lors de la conférence nationale au début de l’été) appelle à voter pour Mélenchon et à participer à la campagne pour son élection, notamment par la mise en place, dans les lieux de vie et de travail, de véritables comités de campagne vivants, actifs et démocratiques.

Tout en participant à la campagne au côté des militant-e-s d’autres sensibilités et des travailleur/se-s qui en seront, nous gardons notre entière liberté d’expression politique, et nous mènerons tout particulièrement la bataille politique contre les ambiguïtés et les impasses réformistes du programme de Mélenchon, ainsi que de ses prises de parole et des aspects de sa campagne que nous jugerons utile de critiquer de notre point de vue communiste révolutionnaire.

Il ne s’agit pas là d’une rupture avec le NPA, où nous constituons depuis le début une tendance oppositionnelle, mais d’une divergence tactique et politique."

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