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"Virage à gauche" en Chine nous annonce Le Monde. "Une ambiance de Révolution culturelle" nous dit France Inter. Rejoints par les ex-orthodoxes du soviétisme français qui mutent en néo-maoïstes. Que les Chinois-es refassent le coup de la pensée-Mao-Tsé-toung avec la pensée-Xi-Jinping, c'est leur droit et cela ne regarde que les Chinois-es. Mais qu'ici certains s'apprêtent à gober ce genre de chose après avoir fait une multitude d'indigestions, accrochant puis décrochant les portraits des dirigeants infaillibles, est tout de même étonnant.

Le Chine est devenu un grand pays capitaliste, suivant une "voie chinoise" au capitalisme. Cela en fait le grand concurrent des États-Unis que cette situation insupporte et qui fait de la Chine l'adversaire stratégique des Etats-Unis. Et les vassaux de Washington emboîtent le pas avec plus ou moins d'enthousiasme, les affaires avec la Chine sont tout de même juteuses. 

Parmi les caractéristiques du capitalisme en Chine, c'est qu'il est dirigé par un parti communiste. Cela n'est pas franchement nouveau. On a vu par le proche passé des PC se faire les introducteurs du capitalisme et les apparatchiks du parti devenant des businessmen fort prospères.

En effet il ne suffit pas de se coller une étiquette sur le front pour devenir ce que celle-ci indique. Les hitlériens se disaient nationaux-socialistes. Un bon coup de com mais ils n'étaient en rien socialistes. Pétain se prétendait patriote quand il vendait sa patrie et son honneur aux nazis. Mitterrand se disait partisan de "la rupture avec le capitalisme"...je continue ?

Bref on peut vouloir croire. Et pour cela s'extasier devant le vaccin chinois, trouver que la société de contrôle qui se met en place en Chine est l'expression d'une profonde démocratie socialiste. On peut considérer que le développement des forces productives en Chine est la preuve que le pays est socialiste. Mais alors pourquoi critiquer le même développement en Grande-Bretagne, au Canada, en France et partout ailleurs ? Pourquoi prétendre que l'amélioration incontestable du niveau de vie des Chinois est la preuve indiscutable de l'existence du socialisme chinois et dire le contraire quand on fait le même constat ici et ailleurs ?

Ici nous avons le capitalisme monopoliste d'Etat, quant à nous nous dirons plutôt le néolibéralisme qui implique et exige l'intervention de l'Etat pour institutionnaliser le capitalisme, mais là bas, à Pékin, l'intervention de l'Etat est le signe que progresse le pouvoir ouvrier ? On se fiche de la gueule de qui camarades ? 

Nous ne referons pas revivre une espérance et une perspective politique de progrès en racontant des sornettes même enrobées d'un vocabulaire qui fleure bon les Cahiers du communisme des années 1950.

Au moins Lénine, que certains invoquent superstitieusement comme d'autres invoquent l'esprit de la grand-tante Gertrude, disait clairement que la NEP était un recul. Même si le chef bolchevick considérait ce recul comme une nécessité. Cela dit quand le recul dure plusieurs décennies, que se constitue une classe capitaliste, une bourgeoisie qui investit les lieux de pouvoir que sont le parti communiste et l'Etat, ayons au moins la décence de ne pas appeler cela le socialisme. Ni même le "socialisme de marché". Sinon on n'est guère plus honnête que les ordolibéraux allemands qui parlent "d'économie sociale de marché", de "partenaires sociaux" et autre "dialogue social".

Words, words, words...comme écrivait Shakespeare.

 

Antoine Manessis.

 

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