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Les élections générales (législatives, locales et régionales) ont eu lieu le week-end dernier dans l'immense Fédération de Russie pendant 3 jours.

Le parti du président Vladimir Poutine l'emporte largement avec 49% des voix, en baisse donc puisqu'ayant obtenu plus de 54% des voix exprimées en 2016. 

Vient ensuite le KPFR (parti communiste de la Fédération de Russie) avec 19% qui gagne 6% par rapport aux dernières élections de 2016. Suivi par l'extrême-droite de Jirinovski avec 7% et enfin deux partis de droite avec 7% et 5%.

Des fraudes ont été dénoncées par les oppositions que la plupart des observateurs indépendants confirment mais celles-ci ne changent pas fondamentalement les rapports de forces. Le soutient à Poutine reste majoritaire malgré une nette érosion (-5%).  Un seul exemple: à Moscou les communistes étaient donnés vainqueurs dimanche soir mais ils étaient battus lundi après la comptabilisation acrobatique des votes électroniques très... poutiniens. Comique involontaire, Thierry Mariani député européen du RN a loué la "fiabilité" du scrutin. Un gage de sérieux. Notons aussi que l'abstention, si elle est identique à 2016, reste forte (participation 48%), un-e Russe sur deux ne vote pas.

Pour l'anecdote rappelons que Navalny a appelé à voter "intelligent" et donc, selon lui, contre Russie Unie.

Ces élections montrent la montée d’un mécontentement parmi la population russe. La politique de grande puissance déployée par la Russie satisfait le patriotisme russe voire le nationalisme de certains. Mais les canons ne nourrissent pas et les retraités n'oublient pas que Poutine les maltraite.

Le parlement européen a qualifié le pouvoir en place en Russie "kleptocratie autoritaire en stagnation dirigée par un Président à vie entouré d’un cercle d’oligarques". Qualificatif qui peut convenir parfaitement à l'Union Européenne elle-même, une fois ôté le "président à vie" puisque nous, nous avons la chance d'en changer régulièrement même si tous font la même politique.

Que les puissances capitalistes en concurrence sauvage s'insultent et collaborent à la fois n'est pas pour surprendre. Reste que malgré des sondages que certains, avec un ridicule achevé,  prennent au sérieux et qui montrait que 49% des Russes préféraient le soviétisme à Poutine réduit à un soutien de 18%, il est incontestable que la base de masse de la bourgeoisie russe est encore solide et que malgré ses incontestables progrès le parti communiste a encore un long chemin devant lui. Le KPFR s'est en tous les cas imposé par la volonté populaire comme le PC de Russie malgré les criailleries d'autres PC qui le taxait il y a peu de nombreux noms d'oiseau.

Quant aux communistes poutiniens - et oui ça existe - qu'ils lisent ce que disait il y a quelques jours le secrétaire du CC du KPFR " (En Russie) La liberté d’expression est dans un cul-de-sac. Trente-six journalistes ont été tués dans ce pays, et on n’a jamais retrouvé leurs tueurs. 867 médias ont été fermés, 40 désignés “agents de l’étranger”… Mais les vrais “agents de l’étranger” sont au Parlement, au gouvernement, ils ont des comptes en Europe et y envoient étudier leurs enfants !". On est loin des fans de Vladimir...

Quelles que soient les critiques, légitimes, que l'on peut faire au KPFR, il est le seul parti en Russie qui rassemble l'opposition à Poutine sans être manipulé par la CIA, la NED et autres créatures étasuniennes.

 

Antoine Manessis.

 

 

 

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