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                                                    Affiche anti-fasciste (Mai 1968)

 

Impossible de ne pas commenter le débat Mélenchon/Zemmour. Affronter Zemmour était faire preuve de lucidité politique car le poison mortel de la division du peuple et de la guerre des races doit être combattu face à face. Mélenchon s'est attelé à la tâche. Les médias chiens de garde, les Raphaël Enthoven et autre Sophie Coignard s'en étranglent de rage dans leurs éditos: bon signe

Une remarque préliminaire: on savait que Roussel et Jadot ne sont pas des phares de la pensée contemporaine mais en réagissant comme ils l'ont fait à l'égard de ce débat ils ont montré leur bassesse. Condamnant Mélenchon, l'un jouant le pur et dur qui n'a rien à dire à un fasciste alors qu'il avait le week-end précédent invité et débattu avec Pécresse (qui s'abstient entre Mélenchon et Le Pen), l'autre reprochant à l'Insoumis de "gratter le buzz" lui qui est une baudruche n'ayant d'existence que parce que soutenu par les médias main-stream, nos deux clowns, pas follement courageux, ont simplement montré qu'ils préfèrent manifester derrière des flics séditieux que d'affronter le polémiste de Bolloré. Merci pour la clarification.

Pour ce qui est du débat plusieurs remarques.

Zemmour est l'héritier de Drumont comme l'a montré l'historien Gérard Noiriel dans son ouvrage Du venin dans la plume. L'islamophobie remplace l'antisémitisme. Drumont voulait "substituer une République vraiment française à la République juive que nous subissons aujourd'hui" et Zemmour délire sur "le grand remplacement" des Français-es par les musulman-es. Il n'est pas le seul. Marion Maréchal Le Pen annonce que "dans 50 ans la France sera une République islamique" et Bardella, nouveau président du RN n'en pense pas moins.

Zemmour a exposé durant ce débat sa vision mortifère du monde, son racisme, ses conceptions néolibérales en économie et son nationalisme ethniciste et xénophobe. Il présente une nauséabonde synthèse de pétainisme et de nazisme le tout lié par ses obsessions racistes. Ses paroles semblaient sortir d'un vieux film en noir et blanc des années 1930, ne manquait que la voix chevrotante du Maréchal.

La différence de niveau entre les deux protagonistes est apparu très vite. Mélenchon et Zemmour ne jouent pas dans la même catégorie. Zemmour tente, avec un vernis très mince, de se faire passer pour un homme cultivé : il ne fait qu'étaler quelques citations et quelques fiches de lecture mal digérées. Mélenchon est un vrai intellectuel en politique.

A la force tranquille - il a eu du mérite - du candidat de l'Union Populaire, l'hargneuse agressivité du journaleux fasciste dont les malheureux journalistes présents et un peu perdus firent les frais.

Aux appels à la vie et à la fraternité de Mélenchon, la mort et la haine accompagnaient le discours de Zemmour.

Sans psychologiser la politique, reconnaissons nous être interrogé sur l'état mental du "petit bonhomme", comme l'a appelé Mélenchon, tant sa propension aux mensonges les plus grossiers et aux affirmations les plus fantasmatiques était troublante.

Quant à Mélenchon il su s'extraire du niveau où Zemmour voulait plonger le débat et  a pu exposer une vision claire et globale de son projet. Ses positions sur l'Union Européenne, sur l'OTAN, sur le social, salaires et retraites, temps de travail et services publics, sur les institutions, la créolisation et sur l'écologie ne peuvent qu'encourager les citoyennes et les citoyens libres de ce pays à voter pour lui, avec espoir et la conscience que seule l'intervention populaire à ses côtés pourra lui permettre d'accomplir le mandat que le peuple souverain lui donnera.

 

Antoine Manessis.

 

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