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Depuis que l'Union Européenne a imposé l’ouverture à la concurrence en 2007, la facture électrique a grimpé de plus de 50 %. La libéralisation de ce secteur a pénalisé les Français-es.

La concurrence sur le marché de l’électricité est un échec. La logique et les faits exigent un retour au monopole. La libéralisation devait conduire à la maîtrise des prix, l’amélioration de la qualité de service et de l’innovation. Depuis, force est de constater que la facture annuelle des Français-es a considérablement augmenté.

Et l'escalade des prix de l'énergie n'est pas terminée. Selon l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, alerte sue une "explosion des prix" de l'électricité qui pourraient connaître  une nouvelle hausse de plus de 10% d'ici le début de l'année prochaine. Concrètement, cela représentera une augmentation moyenne de 150 euros sur la facture annuelle d'électricité d'un ménage l'utilisant pour le chauffage soit davantage que "le coup de pouce" de 100 euros du chèque énergie (dont sont privés 80% des ménages) censé répondre uniquement aux hausses déjà massives du gaz et des carburants.

Derrière cette hausse : une décision, du gouvernement, d'augmenter les tarifs. Mais celle-ci n'est pas inéluctable: l’État pourrait baisser certaines taxes sur l’énergie et relever le plafond de l’ARENH (L'accès régulé à l'énergie nucléaire historique permet aux fournisseurs alternatifs d'énergie d'avoir accès, à moindres frais, à une partie de la production d'électricité nucléaire d'EDF).

Cela dans le contexte de la mise en place du "projet Hercule" qui propose de scinder l’entreprise, en nationalisant les activités nucléaires d’un côté et d’ouvrir au privé (les activités les plus rentables) une partie du réseau électrique et de la production d’énergies renouvelables. Apparaissant ainsi comme une étape charnière d’un démantèlement d’un ancien monopole public et d’une première voie vers une privatisation d’une partie. 

Cela sous prétexte de la situation financière d'EDF, due en fait à un cadre réglementaire du gouvernement et de l'UE qui vise à instaurer à tout prix de la concurrence dans un secteur où la compétition est d'ailleurs largement artificielle. Due aussi à sa stratégie pro-nucléaire et au coût qu’il représente, entre la prolongation des centrales, le démantèlement de certaines centrales et le chantier catastrophique de l’EPR.

Nucléaire, menace de privatisation et bilan de plus d’une décennie de concurrence crée la situation dont chaque Français-e paye le prix.

Le pouvoir macroniste et la direction d'EDF répètent que l’entreprise restera "un groupe public intégré", mais l’expérience montre le mensonge grossier de cette promesse. En 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Economie, l’avait promis pour Gaz de France (GDF) : "Il n’y aura pas de privatisation." Moins de vingt ans plus tard, l’Etat ne contrôle plus que 23 % du capital de l’entreprise et le gouvernement actuel a même voté une loi pour l’autoriser à descendre encore en dessous.

La casse des services publics, de tous les services publics, est une catastrophe programmée pour les Français-es non seulement à cause du coût mais aussi pour la qualité du service.

 

Antoine Manessis.

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