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                                               Sommet OTAN  -  Manneken Pis Bruxelles

 

Après le G7, les mamours et quelques mises au point, voici le sommet de l'OTAN. L'organisation militaro-politique dirigée par les Etats-Unis aurait du être dissoute lors de la fin de l'Union Soviétique puisque sa raison d'être était de combattre le bloc socialiste. Observons qu'aucun pays d'Europe n'a demandé cette dissolution, ce qui en dit long sur l'intégration du "parapluie américain" comme axe de la défense en Europe.

Mais évidemment c'est en tant qu'outil de l'hégémonie de l'impérialisme étasunien que l'OTAN poursuit son oeuvre. Joe Biden l'a d'ailleurs affirmé sans ambages ce matin : "Je veux que ce soit clair. L'Otan est d'une importance capitale pour nos intérêts. Si elle n'existait pas, nous devrions inventer ce qu'elle permet à l'Amérique de faire dans le monde". Comme son nom ne l'indique pas, Organisation du traité de l'Atlantique nord, l'organisation intervient dans le monde entier au service de l'hégémonie des nord-américains de l' Afghanistan à la Libye en passant par le Proche-Orient. L'OTAN mène un action très agressive à l'égard de la Russie en s'installant et en manœuvrant à ses frontières. 

Le président Joe Biden a appelé lundi les alliés de l'Otan a affronter ensemble les "nouveaux défis" posés par la Chine et la Russie, à son arrivée au siège de l'organisation pour un sommet. Il se trouve que les pays composant l'OTAN n'ont pas la même vision des choses et que leurs intérêts peuvent diverger. Révélateur de cette situation Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan, a écarté, lundi, la perspective d'une guerre froide avec Pékin: "La Chine n'est pas notre adversaire, notre ennemi. Il n'y aura pas de nouvelle guerre froide avec la Chine".

Il est vrai qu'il est très discutable de parler de guerre froide aujourd'hui d'autant que les pays concernés au premier chef, Occidentaux, Russie et Chine ont le même système économique capitaliste. Et qu'il y a une grande interdépendance entre la Chine et les occidentaux. Ils ne sont donc pas des ennemis idéologiques comme ce fut le cas entre l'URSS, flanquée du Pacte de Varsovie, et les E-U, avec l'OTAN.

Le Monde, résumant les contradictions dans les approches des uns et des autres, titre "Biden veut insister sur les menaces russes et chinoises, Macron sur le désarmement". Nous avions relevé dans notre article sur le G7 que ces divergences s'affirmaient de plus en plus. Macron parle de "coopération" quand Biden insulte Poutine ("tueur") ou le dirigeant nord-coréen ("un voyou"). Personne ne regrettera Trump mais il serait illusoire de croire à une différence de fond dans la politique des deux présidents. Biden est tout aussi anti-chinois que Trump. Leurs finalités sont les mêmes et ils veulent en être le leader mondial. Mais les condition de 1947 ne sont celles de 2021 et souder un camp occidental est problématique : Siemens fait travailler des dizaines de milliers d'ouvriers en Chine, BMW, WV, Adidas font 20% des leur chiffre d'affaire en Chine...On imagine bien que "l'endiguement" de la Chine devrait être payée cash par les puissances d'Europe. Pas sûr qu'ils marchent dans la combine. C'est pourquoi les pays d'Europe parlent de la Chine comme un "rival stratégique" et non "d'ennemi stratégique" contrairement aux étasuniens. Il est clair que les intérêts des puissances capitalistes ne sont pas les mêmes. Les enjeux actuels sont la Chine, l'Afrique, le Proche-Orient, et là encore les approches sont au moins diverses si ce n'est contradictoires. 

Biden souhaitait affermir sa position de chef du bloc occidental avant sa rencontre avec Vladimir Poutine. Pas sûr que cela soit le cas. De plus le président étasunien doit faire en sorte que l'accord stratégique de la Russie avec la Chine ne s'approfondisse pas. Une plus grande prudence devra marquer le vocabulaire de Joe Biden. On peut penser que l'Allemagne n'apprécie que modérément les sanctions américaines contre le pipeline Nord-stream russo-allemand que Biden considère comme "un mauvais accord" et qui est bloqué. Notons, simplement pour saisir la complexité des contradictions inter-capitalistes, que Macron avait exprimé sa "réserve" au sujet de ce pipeline. Et oui même dans un supposé "couple" chacun regarde midi à sa porte.

Ce qui permet également de relativiser les affirmations de Macron sur "la souveraineté européenne". Chaque pays de l'Europe, y compris parmi les 27 membres de l'UE, a sa propre lecture de la situation géopolitique et ses intérêts nationaux (ou ceux de son capital ou encore de la puissance à laquelle il est inféodé) à défendre. La souveraineté européenne n'existe pas.

"L'OTAN est en mort cérébrale" avait dit le président Macron du temps où Trump voulait pousser les européens à passer à la caisse. Pas si évident que cela, pour le docteur Biden, de revitaliser la chose.

 

Antoine Manessis.

 

 

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