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Une étude de Quantité critique, un collectif de chercheurs et chercheuses en sciences sociales, publiée par le journal La Croix nous donne un tableau plus nuancé de la sensibilité des jeunes ( 16/30 ans) sur la question écologique.

Ce collectif avait produit une enquête très intéressante lors de la manifestation pour le climat du 13 octobre 2018, à Paris. Celle-ci se caractérise par une relative homogénéité dans le profil des manifestants. Ces derniers sont jeunes (54 % ont moins de 34 ans), diplômés (60 % ont au moins un Bac+5) et issus des catégories socio-économiques supérieures (40 % de cadres et professions intellectuelles supérieures contre 8 % d’employés). Bien que dotés d’un fort capital culturel, il n’est pas certain que les manifestants disposent également d’un important capital économique. 95 % déclarent réaliser trier leurs déchets et 66 % achètent des produits sans emballage.18 % des personnes interrogées sont membres d’une Amap, 69 % fréquentent les magasins bio. La consommation de viande, celle-ci est également faible. En revanche  27 % des enquêtés déclarent le prendre au moins une fois par an pour leur travail. Ce phénomène tient évidemment à la surreprésentation des catégories socio-économiques supérieures.

On entend déjà quelques dinosaures se disant marxistes sauter comme des cabris contre les "bobos partisans de l'écologie bourgeoise". Pas de veine !  82 % des enquêtés sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle "il est nécessaire de sortir du capitalisme pour résoudre la crise écologique". 60 %  sont en désaccord avec l’affirmation selon laquelle "le réchauffement climatique est avant tout la conséquence  de mauvais choix individuels".  Ils croient en une réponse collective et politique. 44 % des manifestants se positionnent "à gauche" et 29 % "très à gauche". Pas d'attitude "apolitique" : 41 % des manifestants déclarent avoir voté JL Mélenchon et et 24 % Hamon. Lors de l'étude  76% des manifestants ont déclaré soutenir ou avoir de la sympathie pour les Gilets jaunes malgré la coupure sociale entre manifestants du climat et Gilets jaunes.

Autre constat fait par les chercheurs qui précisent "Il ne faut pas voir les jeunes grévistes pour le climat comme une génération spontanée. Bien des engagements s’expliquent par une conscience politique antérieure ou par une expérience familiale des luttes passées". Les Empreintes rouges en somme...

Quant à la dernière étude publiée dans La Croix elle montre que les jeunes (16/30 ans) sont, comme les autres, plus nuancés dans leurs approches. Ainsi 57% se déclarent indifférents ou expriment un soutien distant avec le combat écologique et même 6% se disent climato-sceptiques. Cette diversité se retrouve dans la votation qui vient d'avoir lieu en Suisse sur l'utilisation des pesticides et les émissions de gaz à effet de serre. Comme on le sait les Suisses ont refusé à plus de 60% les propositions écologiques, la gauche et les Verts ont été battus. Et une majorité de jeunes ont voté contre ces propositions par crainte pour leurs emplois, menace agitée par la droite.

Il est donc confirmé que l'idée que la jeunesse serait ceci ou cela est une idée fausse. De nombreux facteurs déterminent le positionnement des jeunes dans leur hétérogénéité sociale, culturelle, de genre etc avec parfois des convergences, des croisements, des contradictions, des déterminations de tous ordres, comme ces études le confirment.  

 

Antoine Manessis.

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