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                      Naftali Bennett d'extrême-droite détrône Benjamin Netanyahou d'extrême-droite

 

 

Ainsi Naftali Bennett d'extrême-droite, détrône Benjamin Netanyahou d'extrême-droite.

La démocratie israélienne totalement décomposée et pourrie de l'intérieur vient de montrer au monde qu'elle n'est qu'un théâtre d'ombres auquel plus personne ne croit. Etre un Etat colonial et occupant ne permettait aucune autre perspective. Les premières années le sionisme social-démocrate permit de tromper le monde et même le peuple d'Israël lui-même qui finit par croire à l'idéal kibboutzim. Sauf bien sûr les Palestiniens chassés de leur terre. Mais les kibboutzs  ont disparu et un néolibéralisme échevelé, une corruption endémique, un individualisme agressif et un intégrisme religieux ont triomphé. Politiquement cela s'est traduit par la mort du parti travailliste, le triomphe du Likoud (droite extrême, le parti de Netanyahou ) désormais lui-même dépassé par des petits partis fascistes-religieux ou fascistes-laïcs qui s'imposent grâce au système proportionnel. 

C'est donc dans ce contexte que le premier ministre de la "start-up nation" (un modèle pour Macron?) a été dégagé. Evidemment personne ne regrettera ce meurtrier de masse corrompu. Mais son successeur a le même profil : le fils d'immigrants américains son enfance à Montréal (Canada) ses parents sont d'extrême-droite. Il milite dans un mouvement de jeunesse sioniste-religieux. Puis s'engage dans l'armée (dans l'unité militaire d'élite Sayeret Matkal qui fut impliquée dans un massacre qui causa la mort de plus de 100 civils près d'un camp des Nations unies et suscita l'indignation internationale).  

En 1999, il lance Cyotta, une entreprise de cybersécurité. Il déménage à New York où il s'impose comme un ténor de la "start-up nation" en revendant Cyotta pour 145 millions de dollars en 2005. 

En 2006 il se lance dans la politique israélienne en rejoignant le Likoud où il devient le bras droit de Benyamin Nétanyahou. 2 ans plus tard il quitte le Likoud pour diriger le Conseil de Yesha, principale organisation représentant les colons israéliens en Cisjordanie. En 2012, il prend les rênes du Foyer juif, le parti historique des colons. Ce dernier se greffe en 2019 à d'autres micropartis pour former la formation Yamina ("A droite"), dont Naftali Bennett devient le chef.

Ces propos racistes et fascistes sont repris dans la presse: il considère "il n'y a jamais eu d'Etat palestinien". A propos de prisonniers palestiniens, il affirme que les "terroristes doivent être tués, pas libérés". Il lance à un député arabe israélien: "Vous [les Arabes] grimpiez encore aux arbres quand un Etat juif existait déjà". Bref une "belle personne", comme disait l'autre...

Sur le plan de la politique économique et sociale Naftali Bennett prône un ultralibéralisme total.

Le voici donc premier ministre d'Israël. Malgré son faible score aux dernières législatives (son parti n'a obtenu que sept sièges sur 120 à la Knesset), Naftali Bennett, grâce à son ralliement à la nouvelle alliance hétéroclite qui va de l'extrême-droite aux travaillistes et le Meretz, en passant par les centristes et par l'appui d'un parti arabe dirigé par un islamiste de droite, a négocié le poste de Premier ministre jusqu'en 2023, qui reviendra ensuite au centriste Yaïr Lapid, qui a constitué cette fragile coalition.

Le seul aspect positif mais très secondaire est la volonté commune des coalisés d'affaiblir la puissance du courant juif ultra-orthodoxe qui grâce à Netanyahou avait acquis une influence énorme dans la société israélienne.  

Reste fondamentalement que rien ne permet de croire à une avancée sur la "question palestinienne", rien ne permet de croire à une détente avec l'Iran, rien ne permet de croire que la nature coloniale de l'Etat d'Israël et son apartheid soit en quoi que ce soit remis en cause. Sans doute les Etats-Unis ont-ils joué un rôle dans ce changement de personnel, Netanyahou étant très lié à Trump, mais rien ne permet, répétons le, que cela ait une incidence sur la situation globale au Proche-Orient. La solution des 2 Etats s'éloigne et seule la mise en cause de l'hégémonie étasunienne pourra débloquer la situation régionale.

 

Antoine Manessis.

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