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                                         Prisonniers de guerre soviétiques avant leur exécution

"Ce qui m'a le plus frappé chez les commissaires politiques et les membres du Parti communiste, c'est leur dignité et des signes incontestables d'éducation", a écrit le militaire allemand Heinrich Metelman dans ses mémoires "Je ne les ai jamais vus, ou presque, dans un état de désespoir, ils ne pleuraient pas et ne se plaignaient de rien. Et ils ne demandaient jamais rien. Lorsque l'heure de l'exécution approchait, et les exécutions se déroulaient constamment, ils se rendaient à l'échafaud la tête haute".

 

Barbarossa*. Le 22 juin 1941, il y a donc 80 ans, l'Allemagne nazie et ses alliés (Hongrie, Roumanie, Finlande, Italie) attaquaient l'Union Soviétique. Sous le nom de code de Barbarossa, 4 millions de soldats se ruaient à l'assaut du "judéo-bolchevisme", déclenchant une monstrueuse guerre d’extermination.

Le jour de l'agression Adolf Hitler, führer du Reich, s'exclame : “À l’instant même une offensive est en cours, qui, par son ambition et son envergure, est la plus grande que le monde ait connue.../... elle a pour objectif de sauver l’ensemble de la civilisation et de la culture européennes”. Il poursuit : “Depuis plus de vingt ans, le pouvoir judéo-bolchevique a cherché depuis Moscou à mettre à feu et à sang non seulement l’Allemagne, mais aussi toute l’Europe. Ce n’est pas l’Allemagne qui a exporté sa vision national-socialiste du monde vers la Russie, mais bien le pouvoir judéo-bolchevique de Moscou, qui n’a eu de cesse d’imposer sa domination à notre peuple et aux autres peuples d’Europe.”

La victime de l’agression se trouve accusée. Bien entendu les objectifs impérialistes du régime nazi ne sont pas mentionnés : la conquête d’un “espace vital à l’est”, son exploitation et sa germanisation, ce qui ne peut se faire qu’en anéantissant tous ceux qui oseraient se dresser sur le chemin des Allemands et la volonté d'abattre le communisme. 

Dès avant l'offensive Hitler et l'OKW* (Oberkommando der Wehrmacht) donnent à la guerre son caractère exterminateur:  les Juifs, les commissaires politiques de l'Armée Rouge et les fonctionnaires du parti communiste, doivent être exterminés. Le 30 mars 1941 sont adoptées les consignes qui seront données aux troupes: mener une guerre d'extermination contre l'URSS et contre le bolchevisme dont le Juif est la figure de proue. 

Hitler désigne ce qui est aux yeux du nazisme l’ennemi absolu : le “pouvoir judéo-bolchevique” à Moscou – un thème récurrent bien avant la prise de pouvoir par les nazis et qui continue à distiller son venin longtemps après la fin de la guerre en 1945. En 2019 au Parlement européen a été adopté une résolution historiquement absurde et politiquement vicieuse tentant d'amalgamer le socialisme soviétique et le fascisme hitlérien, résolution où manque le contexte historique, tant sur les racines du conflit que sur le rôle principal joué par l’Union soviétique dans la chute du régime nazi et le prix qu’elle a payé dans le conflit (30 millions de morts).

80 ans après l'opération Barbarossa et le début de la guerre d'extermination anti-soviétique, anti "judéo-bolchevique", la plus grande vigilance à l'égard des résurgences du fascisme et aux déformations et falsifications de l'histoire, est plus nécessaire que jamais.

 

Antoine Manessis.

 

*Nommée ainsi en référence à Frédéric Ier de Hohenstaufen, empereur du Saint-Empire romain germanique de 1155 à sa mort en 1190. Il est surnommé Frédéric Barberousse en raison de son éblouissante barbe rousse (en allemand : Friedrich Barbarossa).

*OKW organe de commandement suprême de l' armée allemande.

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