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                                  Valeurs Actuelles ? Non Marianne.

 

 

Marianne est un journal qui s'inscrit dans le dispositif idéologique de la bourgeoisie. 

A une place spécifique et particulière.

La base économique :  l’oligarque et homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky est le propriétaire du journal (ainsi que de Elle, Télé 7 JoursFrance DimancheIci Paris et Public et actionnaire du Monde). Milliardaire. Cinquième fortune de la République tchèque. Fin 2018, ses deux holdings personnelles basées au Luxembourg présentaient des liquidités financières d'un montant cumulé de 2,3 milliards d'euros. Il détient des sociétés dans les paradis fiscaux des Iles Vierges et de Jersey. Il prévoit le lancement d'un magasine "centriste et punchy" dont la direction pourrait être confié à Caroline Fourrest...

Natacha Polony est directrice de la rédaction. Dans Le Monde elle assume des "unes" dignes du torchon fasciste Valeurs Actuelles. Pour Marianne, pas de doute, en trente ans, "la République a capitulé". "On jouait sur la peur en donnant l’impression qu’il y a une invasion." dit un ancien journaliste. Depuis 2018 une orientation "souverainiste" corrige l'orientation "social-démocrate". Serge Halimi, directeur de la rédaction du Monde Diplomatique, trop anti-capitaliste au goût de Marianne, se trouve ainsi résumé et récusé : "Les médias seraient de plus en plus sous la coupe du grand capital qui leur imposerait son idéologie". Comment penser cela du Marianne de l'oligarque Kretinsky ?

Emmanuel Todd, souvent perspicace :  "J'ai vu hier dans la rue le dernier truc de Marianne. Marianne,  je les connais bien. Ce sont des gens dont je me suis séparé. Marianne, c'est un cas extrême et particulier de naufrage... Pour moi, ils sont en train de devenir un journal d'extrême-droite. Si vous voyez l'obsession de l'islam comme un dérivatif à des problèmes économiques et sociaux ingérables. Vous avez des gens qui se mettent à cibler systématiquement des minorités. Pour moi, c'est une attitude d'extrême-droite. C'est là où commencent les malentendus et les problèmes graves. Ces passages de la gauche à l'extrême-droite préfigurent le fascisme."

"Ni Plenel, ni Zemmour" écrit N. Polony. Nous répondons "Ni Polony, ni Zemmour". Car Marianne est l'organe confusionniste par excellence. Le canard qui porte le ni gauche, ni droite. Une espèce de poutinisme à la française. Contre les migrants. Contre les islamo-gauchistes. Contre les européistes tout en soulignant que 48% des Français craignent le Grand Remplacement...Toujours sur le file, piochant dans le répertoire de gauche et de droite mais au profit d'une résultante de plus en plus droitière. Une évolution à la Onfray : on se dit de gauche et libertaire, on dit détester Robespierre et puis on fait "Front Populaire" avec des fachos. Sauf qu'avec Marianne on se dit contre les libéraux-libertaires et on se retrouve avec Blanquer, Dupont-Aignant ou Julliard qui traite les anti-racistes ("islamo-gauchistes") de "collabos des islamistes". Polony elle-même explique "Je suis antilibérale, en faveur de la décroissance, je suis souverainiste, je suis républicaine, je suis plutôt girondine."  Bref tout et son contraire. "Quelque part entre Dupont-Aignant et Mélenchon" confirme-t-elle (dans une interview au journal belge Le Soir).

On voit aussi combien les thématiques de l'extrême-droite et de Marianne se recoupent. Ainsi de l'intersectionnalité, qui est une bête noire de Valeurs Actuelles, de Blanquer et de Marianne (et de quelques poussiéreux débris jdanoviens).

Guère étonnante donc l'instrumentalisation de certaines queues de comète d'une orthodoxie pseudo-marxiste (et ils en sont fiers !...) dont le dogmatisme et le sectarisme trouve une utilité à la tentative d'affaiblissement de la seule gauche de transformation réellement existante, soit le courant des, et autour des, Insoumis. Comme disait le grand dirigeant allemand, le marxiste August Bebel (1840-1913) : "Quand mes ennemis m'encensent, je me demande quelle bêtise j'ai pu dire ou faire".

On le voit, comme toujours, ce courant avance masqué. Marianne ou le Printemps républicain sont des vecteurs de ce confusionnisme. Toujours une saillie contre les ploutocrates avant de s'attaquer aux juifs ou aux musulmans. Une condamnation des profiteurs mais un déchainement contre le bolchevisme ou le totalitarisme ou l'islamo-gauchisme. Anti-système sans dire de quel système il s'agit. Souverainiste ce qui permet toutes les alliances et compromissions sans principes.

"A droite ? A gauche ? Moi, honnêtement, je ne sais pas" conclue Natacha Polony.

Nous, on craint de le savoir...

 

Antoine Manessis.

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