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Pour ceux qui s'intéressent à la langue français,  son histoire et ses enjeux politiques, quatre émissions du Cours de l'histoire par Xavier Mauduit sur France Culture sont consacrés à cette question sous l'intitulé  La langue française, une histoire politique.

Comme souvent cette excellente émission, qui reçoit les meilleurs spécialistes des sujets traités, nous ouvre des horizons et encourage à l'approfondissement des sujets traités par la lecture. On peut, heureusement, être en désaccord avec tel ou tel point de vue, c'est même un des intérêts de l'émission que de susciter le débat, un débat argumenté et de qualité.

On est loin des postures et des admonestations de ceux qui rêvent de nous voir "tous Américains" et de ceux qui sont figés dans des conceptions poussiéreuses.

Voilà pourquoi NBH vous propose d'écouter la première émission qui porte sur "l'ordonnance de Villers-Cotterêts" et si cela vous agrée de continuer dans les trois jours à venir.

https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/la-langue-francaise-une-histoire-politique-14-donner-sa-langue-au-roi-le-francais-sur-ordonnance

Bonne écoute.

NBH

 

"L'histoire se dépose dans la langue. Elle était sexiste parce que la société l'était. De même, qu'elle était raciste. Mais ce n'est pas la faute de la langue. Dès le XVIIe siècle, on voit monter un «féminin» qui signifie seulement «épouse de»: ambassadrice, présidente. Quand on dit «ma femme», on entend étymologiquement «ma femelle». Il y a des choses déposées dans la langue. Mais une pratique démocratique de la langue consiste aussi à s'en rendre compte et à faire bouger les choses"

Bernard Cerquiglini.

 

François Ier signe en 1539 « l'Ordonnance générale sur le fait de la justice » dite « de Villers-Cotterêts ». Son article 111 est réputé avoir imposé l’usage de la langue française dans les domaines du droit et de l'administration. Qu'en est-il réellement ?

 

Durant l’été 1539, en son château de Villers-Cotterêts, le roi François Ier édicte une ordonnance composée de 192 articles. Le texte est enregistré au Parlement de Paris le 6 septembre. Il impose des décisions qui réforment la juridiction ecclésiastique, réduisent certaines prérogatives des villes, et rendent obligatoire la tenue des registres des baptêmes et des sépultures par les curés. Seul l’article 111 évoque la question de la langue française.

Pourtant, c’est grâce à cet article que l’ordonnance a survécu à douze régimes successifs et a aujourd'hui acquis le statut de mythe fondateur du français comme langue d’État. La langue d’oïl se substitue donc au latin, car elle jugée plus claire, moins ambiguë, et accessible à un plus grand nombre de sujets du Royaume de France.
L’article 111 n’est pas qu’une disposition juridique et administrative. Il inaugure le mariage de ce que l’on appelle encore le "langage maternel françois" et de l’État. Faut-il faire de l’ordonnance de Villers-Cotterêts l’acte de naissance du français comme langue nationale ? Comment expliquer que ce texte ait conservé une telle force jusqu’à aujourd’hui ?

Bernard Cerquiglini, professeur émérite de linguistique française à l'Université de Paris, vice-président de la Fondation des Alliances françaises, et membre de l’OuLiPo*. Il a dirigé le laboratoire “Institut National de la Langue Française” au CNRS et occupe le poste de recteur de l'AUF (Agence universitaire de la Francophonie) de 2007 à 2015. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages sur la langue, notamment La Naissance du français  (PUF, Que sais-je, 2020), de La Parole médiévale (Édition de Minuit, 1981) et Les langues de France  (PUF, 2003).

Paul de Sinety a occupé les fonctions de directeur du département du livre et des savoirs à Culturesfrance. Il est actuellement délégué général de la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture et responsable du commissariat général de l’exposition permanente sur la langue française, dans le cadre du projet de Villers-Cotterêts, Cité internationale de la langue française, qui doit ouvrir ses portes en mars 2022. 

Et Charles Baud, doctorant en histoire du droit à l’université Paris 2 Panthéon-Assas. Sa thèse, intitulée L’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) et sa réception jusqu’aux codifications napoléoniennes, est co-dirigée par Franck Roumy (Université Paris II) et Patrick Arabeyre (École des Chartes).

 

 

 

*L'Ouvroir de littérature potentielle, généralement désigné par son acronyme OuLiPo (ou Oulipo), est un groupe de littérature inventive et innovante. Il a pour but de découvrir de nouvelles potentialités du langage et de moderniser l’expression à travers des jeux d’écriture. 

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