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                             Manif pour sauver Dimitri Koufontinas à Athènes

 

NBH publie un article du blog de Yannis Youlountas, une bonne source d'informations en français, communiqué par un fidèle lecteur. Merci à lui !

L'acharnement criminel du pouvoir à l'égard de Koufontinas est exemplaire de la haine de classe qui anime la droite grecque dont nous avons rappelé précédemment  les racines monarcho-fascistes. Il faut aussi tenir compte de la volonté brutale des Etats-Unis dans cette affaire comme dans celle de Georges Ibrahim Abdallah. L'Organisation 17 Novembre a ciblé des officiers américains, des collaborateurs de la junte, des responsables politiques, et des hommes d’affaires. C'est ainsi que Richard Welsh, chef de poste de la CIA à Athènes a été exécuté ainsi que d'autres officiers étasuniens. Il faut se souvenir du rôle central de l'Exécutif étasunien dans le putsch des Colonels le 21 avril 1967. Le général Georges Papadopoulos chef de la Junte était lui-même un agent de la CIA (il faisait parti du tribunal militaire qui condamna à mort le dirigeant communiste en Nicos Beloyannis en 1952. De 1967 à 1974 la terreur fasciste avec l'appui constant des Etats-Unis  a frappé le peuple grec, tortures, assassinats, déportations dans des camps de concentration. C'est sans doute une des raisons de l'inflexibilité de Mitsotakis qui est un larbin du gouvernement des Etats-Unis qui poursuit de son inhumanité implacable ceux qui ont levé la main contre ses agents. 

NBH

Samedi 6 mars, Georges Abdallah fera une grève de la faim solidaire d’une journée à l’occasion de la journée internationale de solidarité avec Dimitris Koufontinas

NBH

 

5 mars 2021. Dimitris Koufontinas est encore vivant, mais son état de santé s’est encore dégradé cette nuit.

ATHÈNES S’ENFLAMME !

Cette nuit, plusieurs incendies se sont déclarés dans la capitale : ici des bureaux, là une banque, mais aussi des voitures de luxe, des distributeurs de billets, des poubelles… De même, la grande manifestation d’hier était sous le signe des flammes et de la lumière.

La mobilisation est chaque jour plus nombreuse, malgré les restrictions menaçantes. Puis, la nuit, des petits groupes surgissent et disparaissent ici et là, dans la pénombre à l’écart des réverbères. Les « chats noirs », comme on dit ici.

Athènes est aussi le nom de la dernière chance de voir Koufontinas mettre un terme à sa grève de la faim et de la soif. Aujourd’hui ou, au plus tard, demain, une autre décision va être rendue, mais cette fois par le Comité central des transferts (KEM). Elle va concerner sa demande initiale de quitter le pénitencier de haute-sécurité de Domokos (où il avait brutalement été envoyé dans un cachot) pour la prison de Korydallos à l’ouest d’Athènes, où il a purgé ses 15 premières années de détention et où se trouvent les autres membres de l’organisation révolutionnaire « 17 novembre » 

qui sont encore emprisonnés. En résumé, comme le disent certains proches de Dimitris Koufontinas, « ce sera Athènes ou la mort ». Cette phrase, « Athina i thanatos » sonne comme « Elefteria i thanatos » : la liberté ou la mort, devise de la Grèce. Quand on sait que l’étymologie d’Athènes est « l’immortelle » (a privatif + thanatos), on comprend mieux l’articulation des mots « Athènes ou la mort », qui sonne encore mieux en grec : « Athina i thanatos ».

Cependant, il y a peut de chance que le KEM donne son aval à ce retour à la case départ. Car cette structure est présidée par une membre notoire du parti de droite Nouvelle Démocratie, proche de Mitsotakis, et entourée de gens qu’elle a nommés pour la plupart. Bref, la décision d’aujourd’hui ou de demain sera une décision purement politique. C’est en réalité Mitsotakis qui va montrer s’il veut tenter de calmer le jeu ou pas. Soit Mitsotakis (via le KEM) autorise Koufontinas à retourner à Korydallos, à défaut de rester dans sa prison rurale, et dans ce cas le prisonnier cessera immédiatement sa grève de la faim et de la soif et s’y rendra dès qu’il en sera physiquement capable, soit Mitsotakis refuse cette maigre compensation et continue à s’acharner sur lui (difficulté pour les médecins que Koufontinas a choisi de le visiter, menace de retourner dans son cachot de Domokos loin d’Athènes, impossibilité de retourner voir son fils en permission…).

Bref, ce sera soit Athènes, soit la mort. Et Athènes le sait qui s’enflamme désormais pour tracer le chemin du retour de Koufontinas. Mais Mitsotakis préfèrera-t-il la mort, avec tout ce que ça implique ? À suivre aujourd’hui ou demain, si Dimitris Koufontinas parvient à survivre jusque là.

 

Yannis Youlountas
 

 

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