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                                               Lutte des femmes de chambre hôtel Hyatt

 

Un débat se déploie à gauche autour du thème lutte des classe/ défense des minorités. Selon nous il n'y a pas d'antagonisme entre les différentes approches de l'exploitation et des dominations mais synergie. Entre positions imaginaires prêtées aux uns et aux autres, entre malentendus générationnels et culturels, nous constatons que ce débat divise alors que raisonnablement si les arguments sont échangés de façon civilisée, nous pourrions parvenir assez facilement à une synthèse dynamique. 

C'est ce que fait l'article d'Henri Maler et Ugo Pahleta dans Contretemps (6 février 2021) qui répond à l'article de Gérard Noiriel et Stéphane Beaud.

http://www.contretemps.eu/beaud-noiriel-race-classe-identite-gauche/

Sur le fond, la qualité de l'argumentation est évidente, comme sur la forme, respectueuse de tous les interlocuteurs, ce texte fait avancer la discussion, lève des ambiguïtés et éclaire le débat. On n'aimerait que ce ton exemplaire inspire les camarades qui trop vite sombrent dans des anathèmes sectaires qui n'apportent rien au débat d'idées.

Pour NBH notre conviction rejoint l'analyse de Maler et Pahleta.

Bonne lecture donc et pour vous donner envie d'aller lire cet article (et bien sûr celui de Noiriel et Beaud dans le Diplo) nous vous offrons en apéritif cette réponse de Maler et Pahleta à la citation du texte de Noiriel et Beaud :

« En outre, ces générations sociales ont dû faire face politiquement à l’effondrement des espoirs collectifs portés au XXe siècle par le mouvement ouvrier et communiste. » Quand le fondamental devient surplus…

Ce qui est décisif en effet, par-delà « l’effondrement des espoirs collectifs », c’est la capacité d’inscrire dans une perspective générale des combats qui menacent de rester morcelés sans que ce morcellement soit imputable aux prétendues « politiques identitaires » : un morcellement qui concerne en réalité toutes les luttes sociales, y compris celles portées par le mouvement ouvrier « traditionnel » et, notamment, par les syndicats. Les appartenances à des minorités opprimées qui se revendiquent et se mobilisent comme telles ne sont pas des substituts ou des dérivatifs par rapport à d’autres appartenances ou mobilisations qui seraient prioritaires. Ce sont les composantes – potentielles et réelles – d’un combat englobant ; mais il ne peut être englobant qu’à condition de les inclure à part entière dans une politique d’émancipation qui reste à inventer.

 

NBH

 

Toujours pour alimenter notre réflexion sur ces thèmes une référence au travail de Marie-Catherine Barbier sur Angela Davis et l'intersectionnalité et un très bref extrait d'un article de Manifesto XXI . 

Angela Davis et le Parti communiste français face aux enjeux féministes (1970-1976). L’ouverture vers un féminisme singulier.  Marie-Catherine Barbier *
 
 
La pensée d’Angela Davis permet de mettre au jour un féminisme singulier. En choisissant comme option théorique et méthodologique la dialectique marxiste, Angela Davis démontre le caractère mouvant de la structure de l’oppression des femmes et son rapport avec les autres structures de pouvoir, qui reflètent l’imbrication des oppressions fondées sur les catégories de race, de genre et de classe. Ce concept d’intersectionnalité, utilisé par Angela Davis au terme de son analyse dialectique, permet non seulement de rendre compte de la diversité des conditions féminines, mais aussi de la manière dont rapports raciaux, rapports de genre et rapports de classe s’entrecroisent dans la vie des femmes pour dominer en exploitant, et exploiter en dominant. Placées au cœur des rapports de pouvoir au sein d’une société patriarcale et capitaliste, ces dernières auraient, par conséquent, un rôle essentiel à jouer dans la construction d’une société qualitativement différente, désignée par le philosophe marxiste Herbert Marcuse sous l’appellation « société socialiste féministe ». Confrontée aux assises théoriques du Mouvement de libération des femmes et du Parti communiste français, l’analyse d’Angela Davis permet donc de dégager les véritables enjeux d’un mouvement de libération des femmes, soit la reconnaissance de l’intersectionnalité des oppressions fondées sur les catégories de race, de genre et de classe, la nécessité de former un mouvement de femmes multiracial, la subversion des valeurs dominantes de la société capitaliste et enfin, l’instauration d’une société régie par un principe de réalité différent.  

 

* Master 2, Michèle Riot-Sarcey dir., Université Paris 8, 2009. https://journals.openedition.org/genrehistoire/999

 

Issu du Black Feminism, mouvement féministe noir né aux États-Unis lors de la lutte pour les droits civiques, le concept d’intersectionnalité désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination dans une société. Montrant la nécessité des convergences des luttes, l’intersectionnalité permet de rassembler et de s’identifier. Mais pourquoi en France, sommes-nous sourds – même réticents – à ce concept ? La réponse se trouve dans l’histoire, notamment celle des dominations, du passé colonial toujours très peu assumé en France.

https://manifesto-21.com/pourquoi-parle-t-on-si-peu-dintersectionnalite-en-france/

 
 
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