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Manifestants pro-Trump au Capitole

 

 

Atterrant. Consternant. Accablant. Honte et colère.

Ce matin, surfant sur le net espérant avoir une bonne nouvelle pour ensoleiller la journée - y a du boulot - on pouvait lire que Macron a fait une déclaration à 3 heures du matin (!) sur la situation à Washington où une poignée de trumpistes, remontés par leur "commandant en chef" Donald, avaient tenté de pénétrer dans le Capitole où les élus officialisaient l'élection de Jo Biden. Les flics ont tiré. Deux femmes et deux hommes ont été abattus. Quand Juan Guaido et les autres marionnettes des impérialistes font ce genre de chose ailleurs, ce sont des manifestants "pro-démocratie". A Washington, on va bientôt nous dire que ce sont des agents de Poutine...

La déclaration présidentielle a été diffusée sur les réseaux dit sociaux. Macron a réussi en l'espace de quelques minutes à faire preuve de son ignorance. De sa soumission. De sa servilité. Et de révéler l'imaginaire de série B hollywoodienne qui le constitue.

Ignorance car comment oser dire que ces micro-événements "n'étaient pas Américains"? Il aurait suffit au "président-philosophe" (expression utilisée sans rire par de nombreux médias) de lire Howard Zinn. Ces événements sont au contraire typiquement "américains". Ou plus exactement étasuniens, car jusqu'à nouvel ordre le Mexique, le Chili ou la Bolivie sont aussi américains. La violence, l'usage des armes à feu, les massacres d'ouvriers et de grévistes par l’État fédéral ou les États fédérés parsèment l'histoire des États-Unis. Comme les lynchages et le KKK, les crimes de la CIA, le Maccarthysme... Sans parler du génocide des Indiens d'Amérique et de l'esclavage et la ségrégation des Afro-Américains. Et que dire des millions de Vietnamiens exterminés par les États-Unis.

Soumission, car il est ahurissant que Macron fasse son intervention à l'ombre de la bannière étoilée ! Ce qui d'ailleurs est sans doute à la limite du droit international. Mais il est vrai que Macron, sa clique et sa classe se sentent davantage étasuniens que français. Depuis le "Nous sommes tous Américains" du Monde au lendemain du 11 septembre 2001, jusqu'à cette clownerie macronienne de cette nuit, l'apostasie nationale est la règle. Macron a même fait une partie de son discours en anglais ! Surréel. 

Servilité, car adhérer au conte que l'Empire tente de faire avaler au monde - à savoir qu'après l'épisode trumpiste le soleil de la démocratie va resplendir dans la Maison Blanche - est non seulement un mensonge mais aussi une escroquerie politique. Jo Biden sera aussi dangereux pour la démocratie et la paix aux États-Unis et dans le monde que Trump. La seule différence c'est que Biden sera poli. Obama était un tueur aux drones mais quel chic et quel humour !

Les petits-bourgeois, qui adorent se faire peur avec des histoires d'ogres et de méga-nazis, crient au putsch fasciste alors qu'une poignée de pauvres gens trompés et désespérés, sans doute réactionnaires et obscurantistes, sont manipulés par un milliardaire taré qui prépare déjà son come-back. Jo Biden commençant mal son mandat avec du sang sur les mains. Le vrai putsch, qui semble invisible à nos agneaux affolés par le grand méchant loup, c'est celui, quotidien, du complexe militaro-industriel auquel il faut rajouter de nos jours les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) qui ont d'ailleurs soutenu Biden.

Kennedy, Nixon, Johnson, les Bush, Obama, Trump ou Biden : l'impérialisme étasunien n'a pas fini de déstabiliser et piller le monde au risque de le plonger dans un chaos encore plus profond que celui que nous connaissons. Pendant que, semble-t-il, le caniche des États-Unis Macron bombarde un village malien tuant 20 personnes qui célébraient un mariage. Que cela soit ou non confirmé, ce qui est sûr c'est que nos vaillantes troupes néo-coloniales, harkis des impérialismes US et français, sèment la mort aux quatre coins de l'Afrique et du Proche-Orient.

Nous finissions cet article quand nous avons reçu copie d'un message Facebook d'un syndicaliste irlandais que nous reproduisons ici bien volontiers tant il analyse en quelques mots simples et percutants les événements de Washington :

 

Quelques réflexions sur le bordel à Washington DC
 
1) Ce n'était pas un "coup d'État" ou une "insurrection fasciste", si et quand ces choses se produisent, elles ne seront pas dirigées par un groupe de personnes portant des chapeaux de bison et des coiffes qui brisent des vitres, prennent des seflies et rentrent ensuite chez eux. Ce que nous avons vu hier était une émeute, un mélange d'illusions et de méchancetés, et non une tentative crédible de s'emparer du pouvoir de l'État. Si vous voulez voir à quoi ressemble un véritable coup d'État de droite, regardez Franco en Espagne ou Pinochet au Chili - et non ces charlatans.
 
2) Les gens se moquent du discours de Joe Biden déclarant que l'Amérique est une affaire "d'honneur, de décence et de tolérance" et toutes ces conneries voudraient être vraies. Le mouvement Black Lives Matter a été créé pendant que Joe Biden était au pouvoir, des déportations massives [d'immigrants] ont eu lieu à une échelle sans précédent pendant qu'il était vice-président. Lui, Obama, Clinton, toujours les mêmes, ont organisé une véritable insurrection illégale en Libye qui a détruit ce pays de manière irrémédiable, entraînant des centaines de milliers de morts. Biden faisait partie d'une administration qui a bombardé sept pays à la fois. Il a soutenu la guerre en Irak.
Le racisme, l'impérialisme, le chauvinisme et la violence sont malheureusement des aspects inhérents à l'Amérique elle-même et ils l'ont toujours été.
 
3) Il existe aux États-Unis un courant d'extrême droite de plus en plus important, qui devient de plus en plus instable et bien établi. C'est bien sûr un sujet de préoccupation énorme et comme partout, l'extrême-droite se développera sur le dos de l'insécurité et du mécontentement des gens. Malgré cela, ce qui va se passer en Amérique, c'est le transfert de pouvoir et la poursuite de l'hégémonie des entreprises américaines, la véritable classe dirigeante du pays, et les affaires continueront comme avant : bas salaires, privatisation et gros profits. C'est la véritable tragédie qui est en jeu.
 
Pour citer quelqu'un d'autre, "les gens semblent beaucoup plus préoccupés par l'esthétique politique que par la politique réelle".

 

Antoine Manessis

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