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Anne Hidalgo, maire de Paris, prépare sa candidature aux présidentielles.

Membre de cabinets ministériels entre 1997 et 2002, après avoir été inspectrice du travail en 1984, puis en 1991 directrice de l'Institut national du travail et chargée d'une mission au Bureau international du travail à Genève entre 1995 et 1996. Elle est ensuite, durant une année, chargée de mission auprès du directeur des ressources humaines de la Compagnie générale des eaux.

Membre du Parti socialiste, elle fut première adjointe de Bertrand Delanoë puis Maire depuis 2014. Elle a été réélue en 2020, soutenue par le PS, le PCF et quelques groupes de gauches et écologistes. Ses listes l'emportent avec 48,5 % des voix, devant celles de Rachida Dati (34,3 %) et d’Agnès Buzyn (13 %). Cependant, l'abstention est massive (63,3 % contre 58 % dans le reste du pays) et elle devient la candidate à la mairie de Paris l'ayant emporté avec le plus faible pourcentage d'inscrits de l'histoire de la ville (moins de 20 %).

Son positionnement au sein du PS est à sa droite. Elle-même dira en 2017 à propos de Benoît Hamon : " Il a un positionnement politique qui n'est pas le mien. Je n'ai jamais été à la gauche du parti". En effet ! Elle avait auparavant soutenu Vincent Peillon, Dominique Strauss-Kahn ou encore Martine Aubry. Bref Europe, économie de marché et trottinette. 

Lors du référendum de 2005 elle appelle à voter oui à la Constitution européenne qui sera rejetée par la majorité du peuple français.

En , à l'occasion de l'exposition consacrée à Che Guevara à l'hôtel de ville, Anne Hidalgo, habile, tweete : "Avec l'exposition Le Che à Paris, la capitale rend hommage à une figure de la révolution devenue une icône militante et romantique". Cette prise de position lui attire des critiques à droite : Luc Ferry dénonce un hommage rendu à "une crapule sanguinaire qui a personnellement torturé et assassiné de sa main 130 malheureux dans l'abominable camp de concentration et de torture qu'il dirigeait". Le même Luc Ferry qui exprima le souhait de voir la police et l'armée tirer sur les Gilets jaunes "Quand on voit des types qui tabassent à coups de pied un malheureux policier par terre, qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois ! Ça suffit, ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d'extrême droite et extrême gauche ou des quartiers qui viennent taper des policiers. […] On a la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies". Avant de parler de "crapule sanguinaire" Ferry devrait se regarder dans une glace.

Quant à la politique d'Anne Hidalgo on peut dire qu'elle est conforme aux attentes de son électorat composé de cadres supérieurs, de la moyenne bourgeoisie supérieure et de petits-bourgeois à la peine . Les classes populaires ayant été expulsées de Paris. Paris est donc un ville bourgeoise qui vote alternativement pour le droite ou la gauche bourgeoise. Comme Lyon, Dijon, Bordeaux, Toulouse etc.

A. Hidalgo peut cependant gagner des présidentielles à une condition : que le peuple, les classes populaires, s'abstiennent massivement. Si l'élection se joue au sein de la bourgeoisie -supérieure, moyenne et une fraction de la petite - , elle a toute ses chances : femme, de droite mais du PS, donc le "et de droite et de gauche" macroniste revisité,  écolo tendance capitalisme vert (superficiellement donc mais ça suffit aux petits-bourgeois), sociétalement posture progressiste, économiquement et concrètement pro-capitaliste. En fait elle est le portrait-robot de la candidate idéale pour le grand capital. On imagine déjà la campagne dans les médias  : la France entre enfin dans la modernité avec une femme présidente, une immigrée de la première génération, une France moderne, verte, européenne et...capitaliste !

Mais cette Hillary Clinton française pourrait se prendre une belle gamelle, comme l'étasunienne, si les classes populaires votaient. Avec deux variantes : la tendance fascisante (RN) cristallise le ressentiment populaire ou la gauche "nationale/populaire"(Gramsci) s'affirme autour de la candidature de JL Mélenchon (si toutefois le PS, le PCF, les trotskistes et autres groupuscules mégalos ne parviennent pas à le dézinguer ce qui semble être leur seule préoccupation). JLM est fort de ses 7 millions de voix en 2017 et il peut faire la synthèse dynamique des courants qui traversent la gauche aujourd'hui. Son" jauressisme" peut permettre de fédérer les combats sociaux, ouvriers, employés...avec d'autres combats émancipateurs contre les discriminations racistes et sexistes ou encore le dérèglement climatique et l'environnement. Le "sociétal" -il faudrait discuter ce terme-  et le social ne s'opposent pas dans le projet mélenchonien. Au contraire les combats émancipateurs se mettent en synergie. 

La candidature d'Hidalgo ne doit être ni négligée, ni surestimée. Tout dépendra de la capacité de rassemblement des forces populaires et de gauche pour neutraliser ce nouveau masque du néolibéralisme.

 

Antoine Manessis. 

 

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