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                                                                  Manuela D'Avila

 

 

Les élections municipales au Brésil confirment, s'il en était besoin, que la politique n'est pas de l'arithmétique. Les candidats soutenus par Jair Bolsonaro, le président d'extrême-droite du pays, ont subi de lourdes défaites. La claque vis à vis de Bolsonaro n'est contestée par personne. Même à Rio de Janeiro le candidat évangélique soutenu par le président a été battu par un candidat centriste. 

En effet ce sont la droite et le centre droit (PSDB et Les démocrates) qui profitent de cette défaite et pas la gauche.

Le PT (parti des travailleurs, le parti de Lula) n'a gagné dans aucune capitale des 26 Etats qui composent la fédération brésilienne. 

En revanche on constate une relève à gauche à la fois générationnelle et politique. Des candidats jeunes et plus radicaux comme Guilherme Boulos (du PSOL, 35 ans) ou Manuela D'Avila ( du PC do B, 39 ans) ont fait une percée électorale remarquée. Boulos à Sao Polo et D'Avila à Porto Alegre, même s'ils n'ont pas gagné. Ils avaient tout deux le soutien de Lula qui reste très populaire contrairement à son parti.

Le Parti Socialisme et Liberté (PSOL) est un parti de gauche radicale, une scission de gauche du PT.

Le Parti Communiste du Brésil (PC do B) est l'un des deux partis communistes de ce pays avec le Parti Communiste Brésilien. Leurs divergences sont importantes tant sur la stratégie, la tactique et la conception du parti. La vie tranchera. Après ces municipales le PC do B a 46 maires élus et 694 conseillers municipaux. Le PCB n'a aucun élu.  Un début de réponse?

Ce que les élections municipales nous disent en tous les cas c'est que ce sont la droite et le centre-droit qui profitent de la crise du bolsonarisme et que ce sont les secteurs les plus radicaux et les plus jeunes qui s'affirment à gauche. Les plus sensibles à l'égalité hommes/femmes, à la lutte contre le racisme et pour les droits égaux aux LGBT alors que le PT, institutionalisé et dont certains secteurs étaient corrompus, semble gravement discrédité. 

Une recomposition et l'émergence d'une force alternative à partir des forces existantes semble une nécessité pour que la gauche brésilienne puisse apparaître comme la véritable alternative à Bolsonaro. Les municipales ont montré que le chemin sera encore long.

 

Antoine Manessis.

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