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Du 5 au 19 octobre 1934 la région espagnole des Asturies connue une insurrection populaire qui aboutit à la  constitution d'une République des ouvriers et des paysans. Cette République est proclamée par un comité révolutionnaire lui-même constitué des forces unies dans l'Alliance Ouvrière ou Union des Frères Prolétaires formée par la CNT, l'UGT, la FAI, le PSOE, le PCE et d'autres groupes de gauche. 30.000 travailleurs s'organisaient dans une Armée rouge pour protéger la population insurgée.

C'est l'arrivée au gouvernement central espagnol du parti de droite proto-fasciste la Confédération Espagnole des Droites Autonomes (CEDA) hostile à la République qui provoqua des grèves dans toutes l'Espagne (en particulier en Catalogne, dans le bassin minier de Castille-Leon, et dans la province de Valladolid). La Droite gagne les élections grâce à une abstention de 32% (à l'appel de la CNT). La bourgeoisie va se consacrer à éliminer, une par une, toutes les conquêtes partielles obtenues par les travailleurs pendant les deux premières années du régime républicain. A partir de décembre 1933, alors que les forces de l’ordre répriment avec brutalité les travailleurs, le nouveau gouvernement de droite s'attaque à la timide réforme agraire mise en place précédemment par le gouvernement républicain.

L’Octobre asturien ont été précédés par une période de près d’une année de lutte des classes exacerbée.

Reste que l'unité des ouvriers et des paysans a été gravement mise en cause par l'attitude de l'UGT. Qui a soutenu  les grèves paysannes mais a refusé la solidarité du mouvement ouvrier. Ce qui a permis au gouvernement de réprimer le mouvement paysan: 13 morts, 10.000 arrestations. Cela explique que les paysans au moment de l'Octobre asturien ne se soient pas mobilisés pour les ouvriers. La direction social-démocrate qui a refusé la solidarité porte donc une lourde responsabilité dans un pays composé à 70% de paysans. 

En Asturies les mineurs, travailleurs des gisements de charbon et colonne vertébrale de l'économie des Asturies, sont le coeur du mouvement populaire forts de leur traditions de lutte. De plus il faut souligner que l'attitude des partis de gauche et anarchistes ne furent pas les mêmes en Asturies qu'au niveau national : les socialistes étaient beaucoup plus à gauche, les anarchistes étaient beaucoup plus unitaires et les communistes beaucoup moins sectaires.

C'est une véritable grève générale insurrectionnelle qui se déploie aux Asturies. La République des ouvriers et des paysans donne la terre aux paysans, collectivise les usines.

Mais comme la situation nationalement ne se dirige pas vers une insurrection générale, le gouvernement peut concentrer des forces contre la Commune des Asturies. C'est le général Franco qui dirige la répression. Celle -ci est terrible. Les troupes marocaines et de la Légion étrangère écrasent le mouvement. Le PCE partisan d'une résistance à outrance s’octroyait un immense prestige qui lui a permis de se constituer en parti de masse dans les Asturies. Le terreur blanche fait 5.000 morts, pour la plus part après les combats. 7.000 blessés et 20.000 prisonniers. 

Dans une certaine mesure la passivité de la CNT mais surtout l'incapacité du PSOE, alors hégémonique dans la classe ouvrière, à faire face à la situation du fait de sa nature social-démocrate ont contribué à l'échec de l'Octobre asturien. Mais cette bataille perdue n'a pas anéanti le mouvement populaire. Octobre 1934 fut un combat d’avant-garde décisif qui a permis la victoire du Frente Popular en 1936 dont l’un des principaux points programmatique était l’amnistie pour les milliers de travailleurs emprisonnés. 

 

Antoine Manessis.

 

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