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De 1988 à 1994 la guerre entre l' Arménie et l' Azerbaïdjan concernant la région du Haut-Karabagh, peuplée très majoritairement d'Arméniens, s'achève par la victoire militaire arménienne. 

On peut considérer que ce conflit est une des conséquences négatives de l'implosion de l'URSS. En effet ces belligérants étaient deux Républiques socialistes et soviétiques. Or le délitement du pouvoir à Moscou et son incapacité à assurer la cohérence et l'unité de la Fédération créa un contexte favorable à la guerre.

En fait l'Azerbaïdjan qui incluait le Haut-Karabagh a mené une politique visant à "azériser" la région peuplée de 95% d'Arméniens. Cependant les Arméniens, trouvant un appui dans la République Socialiste et Soviétique d'Arménie, les conditions du conflit s'accumulaient. Un référendum dans le Haut-Karabagh confirmait la volonté sécessionniste des populations  Arméniennes.

C'est avec la disparition de l'URSS que les choses s'envenimèrent et que le conflit militaire entre Arménie et Azerbaïdjan pris de l'ampleur.  Cette guerre est un des conflits ethniques les plus destructeurs ayant surgi après la décomposition de l'Union soviétique.

Depuis 1994 la République azéri n'accepte pas sa défaite et revendique la région du Karabagh.

Le premier président est Heydar Aliev, ancien chef du Parti communiste d'Azerbaïdjan, qui instaure une régime dictatorial avec le soutien des Etats-Unis, de la Turquie et d'Israël. Significatif de la dégénérescence du PCUS. C'est son fils qui lui succède en 2003, Ilham Aliev.

C'est donc dans ce contexte que la reprise du conflit vient de se produire. Il est évident que la Turquie joue un rôle central dans cette relance guerrière. Les déclarations d'Erdogan et son aide à l' Azerbaïdjan ne sont un secret pour personne. L'offensive tous azimut d'Erdogan dont la politique aventuriste suscite un agacement assez général pourrait se heurter cette fois encore à la Russie. Il semble qu'Erdogan a envoyé combattre aux côtés des Azéris des groupes islamistes syriens et libyens que la Turquie soutient. 

Le premier ministre arménien Nikol Pachinian, venu au pouvoir à la suite d'un vaste mouvement populaire contre la corruption des anciens dirigeants, garde de bonnes relations avec la Russie mais s'ouvre aussi à des coopérations avec l'OTAN et l'UE. Reste que la Russie  est un allié indispensable face à l'Azerbaïdjan et son allié turc. Le poids historique du génocide des Arméniens, toujours non reconnu par la Turquie, complique encore les relations entre ces Etats et ces peuples. 

 

Antoine Manessis.

 

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