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                                  Το αντιφασιστικό ΟΧΙ των κομμουνιστών  

                                          En 1940 le St Gl du KKE dit NON à l'agression fasciste

 

Florence Parly, ministre de la défense du gouvernement Macron, se" félicite vivement"  du choix fait par le gouvernement de droite extrême de Mitsotakis d'acheter 6 Rafales neufs et 12 Rafales d'occasion. A en croire la ministre macronienne, ce qui est bon pour Dassault est bon pour la France.

70 millions d'euros est le prix d'un seul Rafale. Donc la Grèce qui est dans la situation économique que l'on sait, dont le peuple est frappé d'une politique d'austérité criminelle imposée par la Troïka (UE, BCE et FMI), va dépenser 420 millions (pour les 6 avions neufs)+ 600 millions (pour les 12 appareils "d'occasion), soit plus d'un milliard d'euros. 

Dix ans après avoir sombré dans une des pires crises économiques de son histoire, la Grèce replonge dans le calvaire d'une récession profonde au sortir de son confinement. Le tourisme, moteur de l'économie encaisse évidemment des pertes énormes entraînant un recul du PIB de 10%. L'Etat grec seul pourrait perdre entre 8 et 10 milliards d'euros en revenu cette année, selon le Premier ministre.

Les services publics grecs, quand ils n'ont pas été privatisés, sont dans un état de délabrement catastrophique. Les dépenses sociales ont baissé de 35% en dix ans de matraquage euro-austéritaire. Le pays peine à maintenir des services publics en particulier dans ses près de 200 îles habitées. 

C'est dans ce contexte que le gouvernement de la ND (Nouvelle Démocratie, droite dure) a décidé d'acheter des Rafales.

Certes l'agressivité de la Turquie d'Erdogan est une véritable menace tant ce dernier tente de mobiliser son peuple, en proie  à une profonde crise économique, autour de thématiques islamo-nationalistes. L'aventurisme d'Erdogan ne peut pas nié. Mais il reste que la guerre entre les deux pays, membres de l'OTAN,  reste peu probable. Il semble plutôt que la Turquie essaye de faire pression pour accéder au pactole énergétique de la mer Egée. Si le droit international est du côté de la Grèce une solution négociée doit être privilégiée à l'agitation guerrière et à ses dépenses afférentes stériles. C'est plutôt dans un jeu d'alliances que la Grèce doit éviter d'être isolée face aux Turcs. Alliances tous azimuts qui impliquerait que la Grèce ne soit pas inféodée comme c'est le cas actuellement et depuis la fin de la guerre civile, aux Etats-Unis et à l'OTAN qui en est le bras armé. Qu'elle se libère du carcan européen qui ne la protège de rien et qui en fait un jouet aux mains des impérialistes comme les rodomontades de Macron le montrent.

Bien sûr pour cela il faudrait à la Grèce un gouvernement progressiste qui n'est nullement en vue.

Syriza a capitulé en rase-campagne malgré le mandat donné par le peuple grec lors du référendum de juillet 2015.

Le KKE campe dans "solo funèbre", une forme d'un dogmatisme qui pousse à faire cavalier seul et donc à l'impuissance. Il avait même boycotté le référendum de 2015....Faire vivre un parti communiste sans perspective politique autre que le parti lui-même et une révolution dans un temps indéterminé est, toute l'histoire du mouvement ouvrier le démontre, voué à l'échec.

Quant à Laïki Enotita (Unité Populaire), elle n'a pas une base de masse suffisante pour être une alternative crédible.

La gauche et le peuple grec se trouvent donc devant une situation délicate face à l’expansionnisme turc. Mettre dos à dos les deux gouvernements réactionnaires grec et turc et adopter une position pacifiste nous parait insatisfaisant. L'exemple de l'attitude du KKE et de son secrétaire général Nikos Zachariadis* lors de l'agression de l'Italie fasciste en 1941 nous semble plus pertinente. La Grèce était dirigée alors par le  gouvernement fasciste de Metaxas pourtant le Parti grec appela à participer au combat pour la défense de l'indépendance de la Grèce contre l'agression mussolinienne. En participant à la défense de la patrie, en liant la lutte patriotique au combat pour l'émancipation sociale et en lui donnant un caractère anti-fasciste, le KKE tint devant le peuple grec son rôle révolutionnaire et patriotique. Il a ainsi tracé le chemin qui aboutit à la constitution de l'EAM-ELAS**.

La défense inébranlable des droits souverains de la Grèce, de la souveraineté populaire, de la démocratie et du droit de la classe ouvrière de défendre sa propre vie, peuvent et doivent aller de pair avec une politique de paix, de co-développement et de coopération avec tous les pays de la région, y compris la Turquie. Une politique internationale pacifique, indépendante, anti-impérialiste.

 

Antoine Manessis.

 

* Nikos Zachariadis était lui-même en prison dans les geôles fascistes de Metaxas quand il prit position contre l'agression mussolinienne.

** Organisation (EAM)  et armée (ELAS) de la Résistance grecque.

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