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                                                             Explosion à Beyrouth

 

Bilan hélas provisoire des explosions qui ont ravagé Beyrouth : 113 morts, 4000 blessés et des dizaines de personnes encore disparues.

Un incident dans un bâtiment contenant une cargaison de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium serait à l’origine de la double explosion, ont déclaré les autorités libanaises. Un incendie s'est d'abord déclaré suivi par deux explosions. Les experts interrogés penchent assez unanimement pour la thèse de l'accident.

Cette catastrophe survient alors que le Liban connaît sa pire crise économique depuis des décennies, marquée par une dépréciation vertigineuse de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques.  

Le directeur général des douanes libanaises assure avoir alerté "la justice à six reprises, entre 2014 et jusqu'à récemment, sur la nécessité de réexporter cette marchandise [les 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium] hors du pays, mais la justice ne nous a pas écoutés". En fait la crise politique du système confessionnel, la déliquescence de l'Etat et des services publics à coup de privatisations, la corruption massive des classes dirigeantes qui gangrène toute la société, les ingérences des pays de la région, ont créé les conditions de cette tragédie. Comme toujours les pressions américaines sur la Syrie et sur le Hezbollah ont un impact négatif sur le pays du Cèdre. L'élite oligarchique prédatrice, soutenue par les impérialistes, est évidemment responsable de cette situation. 


Le vaste mouvement populaire d'octobre 2019 a été brisé par l’épidémie du Covid-19, les difficultés du quotidien l'ont étranglé, et il y avait dans ses rangs une très grande diversité d’opinions, qui rendait toute coordination très compliquée. Difficile au mouvement de reprendre même si rien n'est impossible. Le niveau de désespoir économique – illustré par exemple par le fait que des pères de famille recourent au vol à main armée pour apporter du lait en poudre à leur bébé – n'est guère propice à une reprise de la lutte collective.

La situation du Liban est le pur produit de l'orthodoxie néolibérale personnifiée par Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban, ancien de  la banque d'investissement étasunienne Merrill Lynch où il gérait la fortune de l'ancien président du Liban, Rafic Hariri... Non content d'avoir contribué à plonger son pays dans un abîme de misère, il n'a pas oublié de se sucrer généreusement au passage.

La moitié des libanais vit dans la pauvreté, et plus d'un demi-million d'enfants luttent pour leur survie dans la seule capitale. Pendant ce temps les très riches, les plus nantis du pays, ont trouvé "refuge" à Faqra Club, dont la devise est "La vie au sommet" et où tout n'est que "luxe, calme et volupté"...ici on paye en dollars, le champagne coule à flot, le caviar se déguste à la louche,  "L'atmosphère à Beyrouth est devenue pesante et déprimante...Ici, on se sent dans un autre pays" dit l'une des privilégiés.

Nous avons reçu une réponse à notre message de solidarité de notre camarade libanaise Marie Nassif-Debs (Forum de la Gauche Arabe) :

Cher Camarade

Les dégâts matériels sont si peu de chose devant l’apocalypse vécu par les habitants qui ont perdu un des leur…

Ce crime sera puni.

 Merci

 Marie

Macron qui, comme ses prédécesseurs, a non seulement couvert le système libanais mais soutenu ses pires dérives, fait aujourd'hui semblant d'accourir au secours du peuple libanais. En fait le but de Macron est de préserver pour le grand capital français sa part du gâteau libanais. Soulignons aussi combien la situation du Liban est en partie déterminée par celle de la Syrie et combien la situation économique de la région et de ces deux pays a été systématiquement démolie par les interventions impérialistes.

 

Antoine Manessis.

 

 

 

 

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