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                                                                                          Laurent Jauffrin

 

 

Il n'y a qu'un seul Hollande et Jauffrin est son prophète. Heureusement.

A 68 ans après de bons et loyaux services au bénéfice de la "deuxième gauche" autrement dit de l'aile droite de le bourgeoisie s'autoproclamant de gauche, Laurent Jauffrin quitte Libération dont il fut le directeur et dont le propriétaire est  le milliardaire Patrick Drahi (patrimoine 7 milliards de dollars).

Pour se lancer en "politique". Ah bon ? Il n'en faisait pas, avant, avec ses éditoriaux dégoulinant d'une mélasse social-démocrate visqueuse ? Mais passons sur celui qui insultait les Gilets jaunes, "une extrême-droite décomplexée". Passons sur sa haine pour Serge Halimi ou Pierre Bourdieu dont il se moquait en ces termes "Pour des auteurs comme Serge Halimi ou Pierre Bourdieu, suivis par des légions de disciples, les médias occidentaux sont une vaste machine à décerveler mise au service du capital pour garantir la pérennité d’un ordre social injuste." Quelle absurdité en effet !  Passons sur le Jauffrin, spécialiste de Marx, ce qui lui permettait de dire "Marx aurait changé d’avis probablement sur le capitalisme en constatant que la condition ouvrière a radicalement changé après la guerre". Passons sur le Jauffrin éructant contre Acrimed qui dénonce la main basse du capital sur la presse. Passons sue le Jauffrin zélateur du néolibéralisme lui qui se flattait d'être "un des principaux instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche". Passons sur le Jauffrin grand pourfendeur du NON majoritaire du peuple français à la constitution européenne en 2005. Passons sur le Jauffrin social-libéral qui dénonçait  "L'État boursouflé [qui] étouffe et pressure la société civile", et du "service public [qui] indispose de plus en plus le public". Passons sur le social-démocrate Jauffrin qui saluait les réformes néolibérale Hartz et l'Allemagne "Elle a joué la carte de la compétitivité au moment des réformes “Hartz” introduites par le gouvernement social-démocrate de Gerhard Schröder (considéré en France comme une sorte de traître à la gauche)".

Bref nous pourrions continuer ainsi fort longtemps tant l'oeuvre du chien de garde est quantitativement importante. Mais il y a l'actualité. Or voici que notre bouffon veut recomposer la gauche. Rien de moins. Dans un appel intitulé "Engageons-nous" il veut "redonner du souffle à la gauche réformiste afin qu’elle redevienne centrale. Il faut réaffirmer des valeurs et des propositions pour que cette gauche-là existe" dit Jauffrin. "Je veux plaider pour l’émergence d’un nouveau mouvement politique, citoyen, où l’écologie ne domine pas tout." 

Au PS, l'agacement devant ce concurrent improbable, rend presque lucide : "C’est une rampe de lancement pour sa (celle de Hollande) candidature. Cela fait des mois que Hollande cherche une fenêtre par où rentrer dans la vie politique. Mais il ne se rend pas compte que personne ne veut de lui, car s’il y a bien un truc qu’on nous reproche, c’est son quinquennat », critique un cadre du PS « Tout ça est signé Hollande. Derrière, il y a la petite bande qui se réunit chez Julie Gayet [la compagne de l’ancien chef de l’Etat], une petite caste bourgeoise qui fait de la politique le samedi soir".

Et oui, c'est toujours difficile de se retrouver devant un social-démocrate encore plus à droite que soi.

Joffrin reconnaît avoir parlé de son initiative à François Hollande, dont il est un intime (depuis 40 ans), tout comme à  Bernard Cazeneuve, à Ségolène Royal et à Jean-Christophe Cambadélis. "Cette ligne d’un printemps socialiste est plutôt raccord avec ce que je pense", dit-il, lui qui croyait insulter JL Mélenchon en disant de lui "qu'il est un Chavez français". Le renouveau social-démocrate serait donc toute les vieux reliefs du social-libéralisme dont le remugle frappe les narines.

Que quelques bourgeois de la gauche-caviar et quelques égarés soutiennent cette initiative n'a rien de surprenant. Il manque encore quelques jaunes de la CFDT pour que le panel soit complet.

La feuille de route de ce "machin", qui n'a aucun espace politique, est claire et c'est Joffrin qui l'a donné "Il n’y a pas d’autre moyen de rénover enfin la culture politique de la gauche que d’y injecter massivement les valeurs du marché. En ce sens, le capitalisme est l’avenir de la gauche". 

Si certains n'ont pas compris, Dieu puisse avoir pitié d'eux.

 

Antoine Manessis.

 

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