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«Nous sommes dans un monde capitaliste. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant dans l’affaire, à part le fantasme que Sanofi étant d’origine française, continue à être français et doit tout aux Français. Ce n’est pas le cas, compte tenu de la propriété actuelle de Sanofi.» Loïk Le Floch-Prigent, ancien patron de Rhône-Poulenc, d’Elf, ancien président de Gaz de France et de la SNCF, à propos de la décision de Sanofi de rendre prioritaire l’approvisionnement en vaccins contre le Covid 19 des États-Unis au détriment de la France.

 

Sanofi avait déjà retenu l'attention en annonçant que les Etats-Unis auraient la primeur d'un éventuel vaccin anti-Covid sur la France puisque les Etats-Unis donnaient plus d'argent à Sanofi pour sa recherche que la France.  Reconnaissons à Sanofi un "parler vrai" qui combine l’honnêteté et le cynisme.

Sanofi, un des grands mondiaux de l’industrie pharmaceutique, annonce la suppression de 1700 emplois en Europe dont 1000 en France. Sur la base du volontariat et sur trois ans. Il n'empêche il y a destruction de 1700 emplois dans cette entreprise.

Sanofi a distribué en 2019 3,8 milliards de dividende à ses actionnaires. En 2020 Sanofi bat ses records en distribuant 4 milliards : par exemple 200 millions à Black Rock, le fonds de pension vautour étasunien, dont le patron est un copain de Macron et avec qui l'UE vient de passer contrat. Autre exemple encore 100 millions pour la famille Bettencourt.

Notons que c'est également la somme (100 millions) que Sanofi a offert généreusement aux Hôpitaux en France.

Mais charité bien ordonnée commence par soi-même. Et donc Sanofi envisage de grossir. La concentration dans ce secteur comme dans les autres entraîne des restructurations qui ont un coup puisque l'entreprise avalée et l'avaleuse se retrouvent avec "trop" de salariés. Pour permettre et faciliter cette fusion : 2 milliards d'économie prévue.

Les salariés sont, plus que jamais, la variable d'ajustement.

Le patron britannique, sans doute inspiré par Thatcher, n'a pas d'état d'âme : le profit, rien que le profit. Et comment lui en vouloir ? Fredrich Engels écrivait déjà que le propriétaire a le droit et "même le devoir de tirer de sa maison, sans scrupules, les loyers les plus élevés".

La seule logique que connaisse le système capitaliste c'est le profit maximum et cela quel qu'en soient les conséquences.

Pour les salariés la seule conclusion qu’ils doivent en tirer c'est que tant que le système sera à la barre il ne seront que de la chair à profit. Rien ne les protégera d'être virés comme des kleenex dès qu'un degré du taux de profit est en jeu. Ce ne sont pas des difficultés financières qui sont en jeu chez Sanofi mais "le devoir de tout capitaliste" de faire le profit le plus élevé possible sans tenir compte des conséquences humaines, environnementales, éthiques.

Les paroles verbales du Pinocchio élyséen  sur la souveraineté sanitaire de la France ne pèsent rien devant "le devoir" des capitalistes de faire le profit maximum. L'UE et l'Exécutif français ont confié au capital privé la fabrication des médicaments. Comment le capital pourrait-il avoir comme objectif la santé pour tous ? C'est une absurdité : son objectif c'est faire du fric pour gaver les actionnaires et virer le personnel en "surplus" pour faire des "économies".

Les menteurs (ou les crétins) qui prétendent concilier les classes, humaniser le capitalisme, bref les socialistes bourgeois veulent " remédier aux anomalies sociales" sans s'attaquer aux causes des ces anomalies, ils veulent  " la bourgeoisie sans le prolétariat "comme l'écrit le Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels. C'est le caractère essentiel du socialisme bourgeois de chercher à maintenir la base de tous les maux dans la société actuelle et de vouloir en même temps les abolir...

La socialisation de Sanofi s'impose si l'on veut que cesse la socialisation des pertes et la privatisation des profits. Rappelons que Sanofi (qui s'appelait alors Elf-santé) était une entreprise nationale et qu'elle a été privatisée par la Droite et la gauche en cohabitation en 1994 (Mitterrand/Balladur).

Jean-Louis Peyren, délégué syndical CGT, regrette le montant  versé aux actionnaires par l'entreprise dans laquelle il est salarié : "En 2020, Sanofi a versé 4 milliards de dividendes aux actionnaires. À la fin de l'année, on va nous dire qu'il faut donner au 'Téléthon', au 'Sidaction', au 'Pasteurdon' ? Et je travaille pour une entreprise qui est capable de donner 4 milliards aux actionnaires ? Et dans le même pays, des soignants doivent mettre des sacs poubelles pour se protéger ? Je me dis que je vis dans un monde où il y a un problème." 

En effet un gros problème camarade...

 

Antoine Manessis.

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