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                                  Brigandage impérialiste : hier la Chine aujourd'hui la Libye

 

Comment qualifier la situation en Libye autrement que par du brigandage impérialiste?

Hier les impérialistes français, Sarkozy étant président, avec les impérialistes britanniques et étasuniens, ont dégommé l'autocrate Kadhafi. Pourquoi ? Parce que ce dernier voulait négocier une plus grosse part du gâteau gazier et pétrolier avec ses "partenaires" occidentaux. Somme toute la revendication était légitime dans la mesure où Kadhafi était le chef de l'Etat libyen depuis 1969. Même si la caste dirigeante libyenne (qui se débarrassa très vite, dès 1970, des communistes et des baasistes) se sucrait plus qu'il n'eut fallu, le peuple libyen recevait une (petite) part des retombées financières de la manne. Tout cela pris fin avec l'intervention militaire française appuyée par les autres brigands Obama (Etats-Unis) et Cameron (G-B). Inspirée par une médiatique marionnette de la CIA en France, appuyée par une campagne de fake-news (qui sera courageusement dénoncée par Rony Brauman).  La Libye ne se remettra jamais de cette attaque et des destructions qui l'ont accompagnées. Rappelons que c'est sous l'égide de l'ONU que cette agression a été menée sans qu'aucun membre du Conseil de Sécurité n'y mette son veto...

Au-delà même des destructions, le pays a sombré dans un chaos politico-militaire et dans la lutte entre factions. Factions soutenues par les différentes puissances impérialistes.

Ainsi le Gouvernement (mal nommé) d'Union Nationale, reconnu par l'ONU, truffé d'islamistes, est désormais soutenu par la Turquie d'Erdogan (et le Qatar). Alors que l'Armée Nationale Libyenne du "maréchal" Haftar* est soutenue par la Russie.

 Ces deux pays interviennent sous le couvert de bandes de mercenaires ( la compagnie russe Wagner) pour éviter une implication directe trop voyante. Après différentes péripéties militaro-politiques il semble possible qu'un accord de partage de la manne pétrolo-gazière entre Russes et Turcs soit possible. Et sans doute aussi un accord sur la Syrie où la Turquie pourrait laisser le champ libre aux Russes en échange d'un accord en Libye.

Reste que le rapport de forces sur le terrain est instable. Poutine et Erdogan avancent leurs pions et le jeu continue. Une entrevue entre le ministre turc des affaires étrangères et son homologue russe , Sergueï Lavrov, a été annulée en dernière minute.

Notons encore que la Turquie semble vouloir retrouver son influence dans ce qui fut l' Empire Ottoman avant la Première Guerre Mondiale. Ce qui peut être sujet d'affrontement avec d'autres pays de la région méditerranéenne,  on pense à la Grèce et au contentieux sur la délimitation des eaux internationales dans la mer Égée. Mais on constate aussi que l'Egypte (ses alliés les pays du Golf et l'Arabie Saoudite financent l'intervention russe) menace à son tour d'intervenir en Libye contre la Turquie.

Quant aux Etats-Unis ils retrouvent en Haftar leur ancienne créature qui bénéficie aussi du soutien des alliés régionaux des Etats-Unis comme l'Arabie Saoudite et l'Egypte.

Quant à la France, après avoir plongé la Libye dans le chaos, elle a soutenu (de façon camouflée) Haftar ce qui a provoqué il y a quelques jours un incident entre la France et la Turquie qui s'accusent mutuellement de "jouer un jeu dangereux".  Des bateaux de guerre turcs ont menacé d'ouvrir le feu sur une frégate française engagée dans une mission de l'OTAN en Méditerranée, sans que l'OTAN ne s'exprime. Ce qui a amené Macron à rappeler sa sortie sur "la mort cérébrale" de l'OTAN. Il faut préciser que la Turquie comme la France font toutes deux partis de l'OTAN...

Ce que la Libye démontre c'est que, contrairement aux rêvasseries ou l'aveuglement de certains incapables de reconnaître les faits, les pays impliqués dans cette affaire libyenne le sont pour des raisons géopolitiques animées par leur nature impérialiste.

Rien ne peut mieux expliquer les événements qui se sont déroulés et qui se déroulent en Libye que le brigandage impérialiste.

 

Antoine Manessis.

 

* Après sa rupture avec Kadhafi (1987), Haftar fut d'abord armé et financé par les Etats-Unis contre Kadhafi jusqu'en 2011. Il est alors marqué comme "l'homme des Américains" même s'il élargit par la suite le nombre de ses "parrains".

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