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La Pologne vit ce dimanche une élection présidentielle que nos médias disent incertaine. Les sondages donnent pourtant une avance certaine au président sortant et candidat du parti Droit et Justice (PIS) de Jaroslaw Kaczynski , Andrzej Duda, même si les sondages le donnent en baisse, plus de 50% il y a quelques semaines, autour de 40% désormais. Duda c'est la vieille droite cléricale ultra réactionnaire. C'est la droite qui pourchasse le petit parti communiste de Pologne.

Contre lui  le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski apparaît comme son principal rival., même si les sondages ne lui donnent que 25% des intentions de vote. Candidat de la Coalition civique (PO), parti du centre-droit libéral, Rafal Trzaskowski, 48 ans, se positionne contre Duda sur les questions sociétales. Sinon il est de droite néolibérale et européiste. Ses soutiens le comparent à Macron ou...Kennedy. Il a été ministre  des Affaires étrangères au gouvernement de Donald Tusk qui devint  Président du Conseil européen (2014–2019) ce qui en dit long sur le personnage et sa politique. Disons qu'il partage avec Tusk sa proximité avec les institutions européennes.

Quant aux autres candidats (il sont dix en tout) ils sont tous de droite ou d'extrême-droite. Un seul social-démocrate détonne un peu en se disant "progressiste" mais il se proclame aussi "européiste" comme Macron....bref un positionnement droitier et surtout sans grande audience.

Rappelons que lors des dernières élections législatives, le PIS avait encore une fois dominé, gagnant avec plus de 45 % des voix en octobre 2019.

La situation politique en Pologne est donc marquée par l'hégémonie absolue des droites et l'inexistence de la gauche d'ailleurs inexistante au Parlement.

Bref, la Pologne un pays de rêve pour le capitalisme. Sans oublier son histoire, son anti-sémitisme, son rôle dans le dépeçage de la Tchécoslovaquie...

On en arrive à se demander si Rosa Luxembourg n'avait pas vu juste concernant son pays. Certes on pourra toujours objecter que ce pays fut une "démocratie populaire" mais sans la présence de l'Armée Rouge, la "Pologne populaire" n'aurait pas vu le jour. Elle fut toujours un maillon faible du fait de l'influence politique et idéologique de l'Eglise catholique et de la réaction. On se souvient du rôle important du Pape polonais Karol Wojtyła dans la subversion anti-communiste en relation étroite avec les Etats-Unis de Ronald Reagan. Mais tout cela fut possible du fait de l'absence de base de masse suffisante du parti communiste y compris dans la classe ouvrière. PC qui connait les mêmes déboires que les autres partis-frères du bloc socialiste : Gomulka déboulonné comme "déviationniste nationaliste de droite" remplacé par Biérut puis retour de Gomulka à la faveur de vastes mouvements sociaux, puis raidissement de Gomulka de nouveau déboulonné du fait d'autres mouvements populaires et remplacé par Gierek qui ne parvient pas à stabiliser le régime qui sera confronté au mouvement Solidarnosc. On connait la suite.

En tous les cas rien à attendre de ces élections présidentielles, sans doute même pas un répit dans la chasse aux sorcières du petit KPP et de ses vaillant-e-s et courageux-ses militantes et militants.

 

Antoine Manessis.

 

 

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