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                                                      Trace de la "guérilla urbaine"...                 

 

 

Le Point, décidément en tête pour le grand prix de la presse de caniveau, titre "La guérilla urbaine continue". Rappelons que ce torchon est propriété du multi-milliardaire François Pinault, fortune évaluée à 33 milliards de dollars par Forbes et Challenge (6e fortune française). Ne vous étonnez donc pas de la tonalité droite extrême du torche-cul. Le Point défend les intérêts  de son patron, point. Intérêts qui impliquent de diviser le peuple, de semer la confusion, d'attiser le racisme. De tous temps, les partisans de l'ordre sécuritaire hurlent au laxisme contre les "apaches des quartiers mal famés", exigent que les fauteurs de trouble, dans les usines, soient plus vigoureusement réprimés.

Mais soyons juste Le Point n'est pas seul à surfer sur des incidents dont il nous faut parler. Tous les chiens de garde aboient. Le sujet est sensible d'autant que Marine Le Pen et ses pareils, pas tous au RN, exploitent à fond le sujet.

 

Qu'en est-il ? Dans quelques banlieues Asnières, Nanterre, Gennevilliers, Clamart, Clichy...des incidents entre jeunes et policiers ont eu lieu. Incidents sporadiques entre de tout petits groupes de jeunes et la Police. Ces incidents ont entraîné l'interpellation de 10 personnes... En guise de guérilla urbaine, vous repasserez. 

En fait quelques jeunes se rassemblent, mettent le feu à trois poubelles et deux voitures. Comme le dit dans Le Parisien (pas un canard bolchevick) un brigadier du 93 "Il s'agit d'un retour à la normale après les semaines très calmes des premières semaines du confinement".

Il est vrai que la police intervient de temps à autre pour stopper un barbecue "sauvage"... Le Point pourrait écrire "un barbecue barbare et radicalisé". Mais bon, ça reste des merguez.

Un incident a quelque peu amplifié les choses : un trentenaire sans casque mais pourvu d'un bon casier s'est fait péter le col du fémur involontairement ou volontairement (il y a enquête) par des policiers auxquels la victime de la fracture voulait échapper. Bref, aussi regrettable que cela soit, un incident d'une triste banalité et d'une importance toute relative. Mais les jeunes des quartiers populaires vivent dans une tension sociale, un désert culturel, une absence d'avenir collectif, des conditions physiques d'existence, tels qu'une étincelle peut allumer...un feu de poubelle.

 

On se doute que cela n'arrivera pas dans l’Île de Ré, ni dans les beaux quartiers de nos villes, ni dans les lieux de villégiature habituels de nos patrons et CSP+ où ils s'abritent des attaques du coronavirus et des petits-enfants des ouvriers qui ont construit notre pays. Et où les barbecues ne sont pas "sauvages" mais "conviviaux et respectueux des distances de sécurité" et les saucisses bio.

En revanche, et sans rien excuser de gestes stupides et potentiellement dangereux d'une poignée de jeunes, après plus d'un mois de confinement dans les riants quartiers populaires aux abords de nos villes, on peut sans excès d'imagination, ni indulgence vis-à vis-des incivilités, comprendre que des gamins soient à cran. Surtout quand on connaît les relations pour le moins conflictuelles entre ces jeunes et les policiers. Policiers dont nous avons tous pu apprécier durant au moins l'année écoulée, combien ils sont parfois susceptibles d'obéir avec un peu trop de zèle à un préfet de police fasciste ou un ministre de l'Intérieur incompétent et dangereux.

 

La question sociale est, en tout domaine, déterminante. Contextualisons les événements dont les médias nous gavent comme si nous étions des oies. Et si l'on veut éviter de gonfler les voiles du vaisseau fasciste, il serait bon de s'informer sur les faits et de relativiser leur importance. Que des démagogues fascisants exploitent des faits mythifiés, déformés, exagérés quand ce n'est pas carrément inventés (comme la fameuse "guérilla urbaine"du Point), c'est leur affaire.

La nôtre c'est de combattre, même à contre-courant, ce déversement de haine sociale et de racisme post-colonial. Avec fermeté, détermination et vérité.

 

Antoine Manessis.

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