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                                                            Manif à Athènes 20 février 2020

En Grèce aussi le monde du travail est en lutte. Le gouvernement de droite ND (Nouvelle Démocratie) du premier ministre Mitsotakis institutionnalise la baisse des retraites, celle-ci s'échelonnant de moins 30 à moins 60%.

La politique d'austérité imposée au pays par l'Union Européenne avec la complicité du capital grec continue d'exercer ses ravages. Le PIB a baissé de 25%,  alors que c’est par dizaines de milliards que se chiffrent les bénéfices de l’Etat allemand et de l’économie allemande du fait du plongeon de l’économie grecque et des économies des pays les plus « faibles » dans la crise de la zone euro.  La Banque centrale européenne (BCE), quant à elle, avait révélé en 2017 qu’elle avait gagné 7,8 milliards d’euros grâce aux bons du Trésor grec qu’elle détient depuis 2012.

Ce transfert indirect de richesses ne fut pas la principale explication de l’intransigeance criminelle des dirigeants allemands et de la Troïka (UE, BCE et FMI) vis-à-vis de la Grèce et de la lâche complicité des dirigeants français. La principale explication est politique  : il fallait tuer au plus vite les velléités des peuples d’échapper à la domination des partisans néolibéraux de l’austérité, de la destruction des droits sociaux et des privatisations des biens publics. Ces orientations rapportent très gros au capital et se poursuivent donc.

Plus de 50% des nouvelles embauches sont à temps partiel et précaires. Selon l’agence grecque des statistiques, le chômage frappe 21,2% des actifs et ce taux grimpe même à 43,3% chez les moins de 25 ans. Le salaire minimum (à temps plein) est de 586 euros bruts, et de 510 euros bruts pour les moins de 25 ans ; les salaires ont baissé de 40% en moyenne depuis 2010. Le niveau de vie a baissé d'environ 50%. Cette situation entraîne une émigration massive des jeunes grecs en particulier des jeunes diplômés vers l' Allemagne et la Grande-Bretagne surtout. La population de la Grèce est passée de 11 millions à 10.

C'est dans un contexte social et humain catastrophique que le peuple grec trouve encore le courage de mener le combat.

AM

Communiqué du PAME (Panergatiko Agonistiko Metopo Front de combat de tous les travailleurs)  

Le PAME et les syndicats de classe de Grèce ont donné une réponse massive et militante aux employeurs et au gouvernement, avec des milliers de travailleurs en grève et descendant dans les rues de plus de 60 villes dans toute la Grèce.
La classe ouvrière grecque a exigé une sécurité sociale publique gratuite pour tous et l'annulation du projet de loi anti-travailleurs du gouvernement qui privatise les soins de santé et la sécurité sociale.
À partir de minuit, les travailleurs de toute la Grèce ont formé des piquets de grève et ont arrêté la production. À Athènes, tous les transports publics ont été arrêtés. Le métro, les trains, les bus, les bateaux, tout s'est arrêté.
Les travailleurs sont ensuite venus aux manifestations de grève, avec la participation de milliers de travailleurs. Lors des manifestations, le PAME a reçu la solidarité internationale des syndicats de nombreux pays et a exprimé sa solidarité avec la grève des travailleurs français.

 

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