Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

                                         1943-  Couverture du livre du journaliste kollabo Maurice-Yvan Sicard

 

Arte mène une violente campagne anti-communiste. On peut imaginer mille raisons mais le seul  fait certain c'est que cette chaîne est tenue par les Etats allemand et français.

Et évidemment on est en droit de supposer que ces Etats et les gouvernements qui les dirigent ont placé des gens qui leurs sont proches pour diriger Arte (Juste un exemple: l’inénarrable et inévitable Bernard-Henri Lévy est président du conseil de surveillance d'Arte France....). Par conséquent comment s'étonner que l'anti-communisme soit si présent sur cette télévision. Bien sûr on peut être surpris que la criminalisation du communisme soit si virulente 30 ans après la chute de l'URSS et 67 ans après la mort de Staline. Mais il semblerait que la Grande peur des possédants ait été telle, qu'elle les tenaille encore. Les pauvres...ou plutôt les riches.

Ainsi en quelques jours nous avons été gratifié de documentaires sur le Goulag, puis sur les Bourreaux de Staline(sic) et pour finir une version fantaisiste du Pacte Hitler-Staline (re-sic). Des historiens anti-communistes se déchaînent, comme l'inévitable co-auteur du Livre noir du communisme - aux côtés de Stéphane Courtois - Nicolas Werth, armés par l'association Mémorial  une officine  financée par une fondation étasunienne, la National Endowment for Democracy (NED), vitrine légale de la CIA, fondée sous Reagan.

Des documentaires ahistoriques, décontextualisés, remplissent de joie Le Monde: "Décidément, les crimes staliniens font les bonnes soirées d’Arte. Quelques jours après la diffusion du remarquable Goulag, une histoire soviétique, série documentaire signée Patrick Rotman, Nicolas Werth et François Aymé, la chaîne franco-allemande programme un autre documentaire passionnant dans lequel Staline tient encore une place prépondérante."   L'Obs, à peine revenu du deuil de Jean Daniel, proclame : " Le remarquable documentaire de Cédric Tourbe revient sur le massacre, ordonné par le tyran rouge et dissimulé durant un demi-siècle, de 22 000 officiers polonais. Implacable et glaçant."  Quant au Figaro il donne la parole à Stéphane Courtois : "Le grand historien (sic) du communisme Stéphane Courtois salue le documentaire  ​​​​​​Les Bourreaux de Staline diffusé mardi 25 février sur Arte". Le Point titre :" Katyn, l'un des pires massacres de Staline. Les communistes soviétiques éliminent, en avril 1940, l'élite de la Pologne. Ils feront porter le chapeau aux Allemands durant cinquante ans."  Pauvres Allemands nazis injustement accablés...

 

                                                         Affiche anti-communiste de la Milice

Au sujet de Katyn et du Pacte de non-agression germano-soviétique lire de Paul Marie de la Gorse 39-45 Une guerre inconnue Flammarion. C'est un travail et une analyse honnête, scientifique, écrite dans un style simple et rapide. Ce gaulliste de gauche explique parfaitement que c'est le refus durant les années trente des Français et des Britanniques de signer des traités d'alliance que réclamait l'URSS contre le fascisme hitlérien qui explique la Pacte Molotov-Ribbentrop. Et le rôle qu'a joué la Pologne ultra-réactionnaire avant guerre. Rappelons sa participation au dépeçage de la Tchécoslovaquie aux côtés d'Hitler.

On peut multiplier les citations de la presse-chien de garde et s'interroger : quand l'expression des médias des milliardaires et des Etats est aussi unanime, frisant l'abominable totalitarisme, on se demande ce que les soviets ont fait pour mériter cette haine recuite. Et du coup se dire qu'ils ont forcément fait du bon pour que le pire système criminel de l'histoire, le capitalisme, et ses 2 milliards de morts en un siècle** s'acharne ainsi contre ce qui fut, avec ses forces et ses faiblesses, ses exploits héroïques et ses crimes, le seul "socialisme réellement existant". Et nous parlons là de l'URSS. Mais il faut aussi souligner la diversité du socialisme : à Cuba ou en Chine, en RDA ou en Roumanie, le socialisme a eu des spécificités et des différences énormes (lire à ce propos Le Siècle des communismes. Éditions de l'Atelier, sous la direction de sept chercheurs : Michel Dreyfus, Bruno Groppo, Claudio Sergio Ingerflom, Roland Lew, Claude Pennetier, Bernard Pudal et Serge Wolikow.). Sans compter l'amalgame obscène entre l'anti-fascisme radical des communistes, que leur rôle dans les Résistances des pays occupés démontre amplement, avec leur ennemi absolu le fascisme. Soulignons que cet amalgame n'est plus réservé aux flics du genre Courtois mais que le parlement européen lui-même l'a cautionné dans une résolution aussi révisionniste que les travaux de Faurisson

(voir notre article http://nbh-pour-un-nouveau-bloc-historique.over-blog.com/2019/09/resolution-contre-l-esprit-de-resistance.html .)

 

                        Affiche anti-communiste années 1950 de "paix et liberté" officine financée par la CIA.

 

"Voir alors avec les yeux d'alors" comme le demandait Aragon. Les "procès" ne doivent pas effacer Stalingrad, le Goulag, les gigantesques progrès sociaux et culturels. L'analyse de ces réalités complexes et contradictoires est en cours, les historiens (pas les guignols d'Arte) nous offrent déjà des travaux remarquables.

Bien entendu comme le disait Jean Ferrat :

C'est un autre avenir qu'il faut qu'on réinvente
Sans idole ou modèle, pas à pas, humblement
Sans vérité tracée, sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement

Un avenir naissant d'un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts en grand sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la Terre et du Ciel

Au nom de l'idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd'hui.

 

Antoine Manessis.

 

*  Entre 2003 et 2004, au cours de l’intervention américaine en Irak, des prisonniers irakiens sont torturés et photographiés nus et enchaînés dans la prison d’Abu Ghraib. Stéphane Courtois, fervent soutien de l’intervention américaine, refuse de condamner l’armée américaine pour ce qu’il considère comme un dommage collatéral qui n’a rien d’étonnant en temps de guerre.  Sachez enfin que les historiens (au-delà des appartenances partisanes) éclatent de rire quand on leur parle de S.Courtois.

**  Lire Victime du capitalisme : un devoir de mémoire.

https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/261217/victimes-du-capitalisme-un-devoir-de-memoire

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :