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                                                     Manif Grenoble 17 décembre

La lutte contre la réformer Macron a rassemblé aujourd'hui 17 décembre des masses innombrables dans les rues de nos villes. A Grenoble par exemple la CGT annonce 28.000 manifestants contre 12.500 le 5 décembre. Ce qui est notable c'est la progression du chiffre. Confirmé par la police qui annonce 8.500 manifestants contre 4.200 le 5 décembre. Les chiffres policiers sont ridicules mais ils sont obligés de noter le doublement du nombre de manifestants. Bref une mobilisation remarquable qui ne doit rien à la participation du syndicat jaune CFDT : à Grenoble un petit carré en queue de manif moins nombreux que celui de la CNT...

Cela étant la force militante et l'exceptionnelle mobilisation ne doivent pas cacher la situation ni l'influence politique et médiatique de Bergé et consorts. Le ralliement de Bergé à la journée de ce jour a deux causes : la première est la poussée de la base car si la CFDT est jaune tous ses adhérents ne le sont pas. Bergé ne peut être indifférent à ce que pensent les militants de base de son organisation frappés eux-aussi par cette réforme. La deuxième raison est que la CFDT et Macron jouent ensemble puisqu'ils sont d'accord sur l'objectif stratégique de la réforme des retraites y compris la retraite à points. Quel est le scénario?

L’Expansion-L'Express titre "Bergé opposant n°1 de Macron". A-S Lapix, d'un air pénétré, sur France 2 demande à Bergé "s'il est en colère?". Bref les médias font monter la mayonnaise. Bergé est le cheval de Troie de Macron dans le monde syndical mais il doit apparaître crédible comme syndicaliste "réformiste et pilier du dialogue social"  contrairement à la CGT et à Philippe Martinez, qui aura beau faire, sera toujours "contestataire" au mieux, "Cancer Généralisé du Travail"(Coluche), au pire. Contrairement à Solidaires, des semis-black-blocs, et même à FO, fondé certes par la CIA mais pleine de trotskistes. Bergé donc en colère n'accepte pas certains aspects de la réforme. La perche est tendue. Comme le 17 sera un succès, le gouvernement annonce, déjà, par la voix du 1er ministre "Le débat peut s'ouvrir". Et dès le mercredi, en bilatérale, et jeudi, avec tous les syndicats, le pouvoir va pouvoir montrer sa "volonté de dialogue et son ouverture". En lâchant à Bergé sur une de ses demandes. Par exemple l'âge pivot de 64 ans remplacé par une hausse des cotisations. L'essentiel de la réforme passera mais grâce au syndicalisme collabo, dont les médias salueront "l'esprit moderne et constructif", on y mettra un peu de vaseline. Le pouvoir visant à isoler la CGT et porter sur le pavois la CFDT,"le premier syndicat de France", anti-populiste et européiste.

 

                                                                   Manif Grenoble 17 décembre

Aux travailleurs et aux syndicats de lutte de clarifier le paysage syndical. De se rappeler que ce qui fut obtenu ne le fut que par la grève et la lutte. Que le "syndicalisme rassemblé" n'est qu'un piège ou un leurre. Que le réformisme n'est que l'autre façon de dire collaboration de classes. Les compromis sont nécessaires dans l'action syndicale. Mais ils ne sont possibles que sur la base d'un rapport des forces que seule la lutte peut créer. Marx n'a pas inventé la lutte des classes : elle existe depuis que la société est divisée en classes dont les intérêts sont antagoniques. Mener la lutte des classes de façon consciente là est l'enjeux.  Le grand capitaliste étasunien Warren Buffet a déclaré : "Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."  Warren Buffet et la classe capitaliste mènent cette lutte consciemment. En face ceux qui mènent la lutte des classes  doivent poser la question de la conscience politique  qui en découle et donc du consentement du prolétariat à la révolution. C'est en cela que l'action syndicale et l'action politique ne peuvent être séparées puisqu'elle forgent toutes deux la conscience de l'objectif stratégique de la lutte. Parions que la bataille actuelle y contribuera.

 

Antoine Manessis. 

 

 

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