Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Fête de l'Humanité : ombres et lumières
 
Espace de multiples contradictions, la Fête de l'Huma est un événement politique qui est révélateur de l'évolution et de l'orientation du PCF, de ses militants, de toute une galaxie qui s'expose à cette occasion profitant de la présence de centaines de milliers de visiteurs. Sans oublier la présence de très nombreux partis et organisations venant du monde entier.
La mutation du PCF est, à travers cette manifestation, évidente. Mutation du parti révolutionnaire, section de l'Internationale communiste (SFIC) des années vingt au parti réformiste de la Gauche Européenne aujourd'hui (PGE). Après avoir été le parti anti-fasciste qui fut à l'initiative du Front Populaire (1936), le parti central de la Résistance nationale, le parti de gouvernement à la Libération, celui de la guerre froide, des luttes anti-coloniales, durement réprimé par l' Etat français, le PC s'engagea dans la stratégie du Programme commun. Une crise profonde suivit son échec, aux causes internes et externes. Enfin le parti gravement affaibli et déclinant, qui se transforma en parti ouvertement réformiste entre 1976 et la disparition de l'Union Soviétique.
Ainsi a-t-on assisté ce week-end à des épisodes aussi surprenants que le débat organisé par la direction de la Fête entre Philippe Martinez (secrétaire général de la CGT) et Jean-Paul Delevoye (ministre et haut commissaire à la réforme des retraites). Quelle autre signification donner à cet événement, sinon que les reculs sociaux ne sont plus combattus frontalement mais que le PCF et la CGT tentent par la discussion, le débat et la négociation d'adoucir la brutalité de l'attaque et du recul. Ce qui est l'expression chimiquement pure du réformisme. Son contraire étant de créer un rapport de forces par la lutte de masse permettant d'obtenir le retrait de projet, faisant ainsi subir une défaite au pouvoir.
Mais il est aussi vrai qu'on ne peut réduire cette Fête à cette seule dimension.
La mobilisation,le travail et la combativité de nombre de militants restent un fait politique important. Fait en contradiction avec la dominante réformiste mais qui donne un caractère populaire, dynamique et donc une potentialité de lutte.
La présence de personnalités, de syndicats, d'associations, de journaux et groupes attachés à des analyses et à des actions de classe ou authentiquement progressistes, capables de porter de la lumière dans des débats pollués par le confusionnisme ambiant, la diversité même des participants, avec parfois leurs limites et contradictions,  créent un espace d'expression démocratique.
L'internationalisme, malgré des absences extrêmement problématiques, reste un des axes de la Fête et des centres d’intérêt des visiteurs avec la solidarité qui s'exprime toujours avec force pour Cuba, le Venezuela, la Palestine et bien d'autres.
N'omettons pas la culture et le livre. Il est toujours réconfortant de circuler au Village du livre, d'y rencontrer les auteurs que l'on apprécie, d'en découvrir d'autres, de repartir avec de nouveaux livres et donc avec de nouvelles lumières.
Enfin n'opposons pas la dimension festive à la dimension politique. Comme le disait Karl Marx "l'homme a besoin de pain et de roses".
Hélas tout ce potentiel de combat qui effleure à la Fête de l'Huma, se heurte à une politique étroite, électoraliste, sans perspective, incapable d'élaborer et proposer une alternative révolutionnaire et démocratique.
Mais comme le dit le poète grec  Manolis Rasoulis :
Rien n'est jamais perdu
dans ta vie en déroute,
je ressuscite ton rêve
et chacun de tes «pourquoi».
 
Antoine Manessis.

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :